Le plan 500 000 : moins d’argent pour la formation des salariés, pas plus d’emplois pour les chômeurs

mars 28 2017

« Entre janvier 2016 et janvier 2017, on constate + 27 900 demandeurs d’emploi en catégories A, B et C et + 61 000 en catégorie D, c’est-à-dire en formation. C’est donc presque 100 000 demandeurs d’emploi supplémentaires à l’issue du plan 500 000. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, le plan 500 000 n’a pas fonctionné » – cabinet de Valérie Pécresse, Île-de-France.

Depuis 30 ans environ, la France se lance régulièrement dans des entreprises d’occupation des chômeurs. Succédant au traitement social du chômage des années 1980 (retraites précoces, gonflement des effectifs étudiants et occupation des chômeurs), le plan 500 000 chômeurs en formation de 2016 restera dans les annales comme une ultime tentative de camouflage de la montée du chômage entre 2012 et 2017, augmentation spécifiquement française alors que partout ailleurs dans le monde le chômage refluait.

La formation ne crée pas l’emploi mais elle peut accompagner le développement économique.

La formation ne crée pas automatiquement des emplois (sauf parfois de formateurs), elle ne peut se substituer à l’Éducation nationale défaillante, à un tissu économique d’entreprises moribondes, à la déprime collective face à l’État qui étouffe toutes les activités sous la complexité, une fiscalité très lourde et une formidable inflation bureaucratique.

La formation peut et doit accompagner le développement et la croissance du pays mais elle est bien incapable de créer du travail ex nihilo si le tissu économique et social du pays est ravagé par des mesures règlementaires, sociales ou fiscales hasardeuses.

Déshabiller Pierre pour rhabiller Paul (emploi)

Depuis 2012, en lieu et place de favoriser le développement de l’activité économique et de soutenir l’apprentissage et les embauches dans les PME/TPE (qui offrent seules de réels potentiels d’emplois), on s’est contenté de siphoner l’argent de la formation des salariés pour (s’)occuper des chômeurs.

Tant qu’en amont l’école formera à des métiers qui n’existent plus, le chômage ne baissera pas en France.

L’État et certains apprentis sorciers en éducation (ceux qui avaient déjà expérimenté les maths modernes, la méthode globale et le collège unique) ont méthodiquement déconstruit notre système scolaire pendant 40 ans. L’école est devenue à la fois inégalitaire, inefficace (toujours plus de moyens pour moins de résultats) et stigmatisante pour le monde du travail et les entreprises (considérées comme des lieux d’aliénations et d’exploitation)

À quoi bon former pour des emplois de secrétariat ou d’OS des années 1950 dans les lycées professionnels ?Dans les lycées professionnels, les formations d’employés de bureau, vendeurs ou aides comptable restent nombreuses alors que ces emplois peu qualifiés disparaissent ou mutent.

L’apprentissage a été déprimé depuis qu’en 2013, on s’est employé à retirer les aides aux petits patrons qui embauchaient des apprentis. Ces mêmes aides ont ensuite été rétablies mais le mal était fait car le signal donné aux employeurs était le suivant : « ne vous occupez plus de la formation des jeunes, l’État s’en charge ».

La formation sera une opportunité en France quand nous serons capables de favoriser l’activité des entreprises. Aujourd’hui, 2 millions de jeunes sont sans emploi, ni éducation ; ils errent dans les banlieues et les campagnes. 2 millions de salariés sont illettrés et encore 2 millions de personnes, chômeurs de longue durée, perdent leur employabilité chaque jour un peu plus.

La loi réformant la formation en 2014 a accouché d’une souris pour ces personnes non qualifiées : le socle des compétences, devenu CLÉA par la grâce des partenaires sociaux : un dispositif bureaucratique. Dérisoire, lourde et imitation inadaptée de l’école alors qu’il aurait fallu sans délai mettre en œuvre des formations totalement ouvertes, libres et faciles d’accès.

Pour sortir du chômage, il faut que les entreprises fassent des profits afin qu’elles investissent puis recrutent.

Aujourd’hui, la France utilise très peu de robots par rapport à ses grands voisins industriels (162 000 robots en Allemagne contre 34 000 en France). Un tel écart s’explique par des marges trop faibles en France mais aussi et surtout parce que les chefs d’entreprises estiment que leurs salariés ne seront pas capables d’utiliser ces nouvelles machines avec profit, faute de formation suffisante.

Ce n’est plus une réforme de la formation dont le pays a besoin mais d’une reconstruction intégrale de son système scolaire depuis l’école jusqu’à la fac.

Sans reconstruction de tout notre système éducatif, la formation restera en France un service secondaire, rare et cher, réservé à quelques ingénieurs ou techniciens hautement qualifiés. Ce service exclusif restera incapable d’accompagner les multiples défis que notre pays doit aborder pour le siècle (transformation numérique, énergétique, environnementale…).

Source :http://www.miroirsocial.com/actualite/13379/le-plan-500-000-moins-d-argent-pour-la-formation-des-salaries-pas-plus-d-emplois-pour-les-chomeurs

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Livre Blanc : La Digitalisation de la Formation

digitalisation-de-la-formation-professionnelleDepuis 2010, devant le recours systématique et quotidien à Internet, l’enseignement à distance ne cesse d’augmenter en France.

Pourtant les salariés ayant expérimenté une formation totalement distancielle ne souhaitent pas renouveler l’expérience (1). Les formations 100 % digitales ou e-learning nécessitent, de la part du stagiaire, une implication et une motivation à toute épreuve. De fait, 85 % des grandes entreprises du CAC 40 préfèrent recourir à ces sessions de formation en présentiel, considérant qu’il s’agit là du mode d’apprentissage qui donne les meilleurs résultats.

Et pour cause. Nombre d’entre elles font encore trop souvent l’amalgame entre « formation digitale » et « formation à distance ». Il n’en est rien. C’est justement l’objet de ce livre blanc sur la digitalisation de la formation.

digitalisation de la formation

Quand le digital enrichit la formation professionnelle : la digitalisation de la formation

Au contraire, la formation digitale consiste à mettre en commun le présentiel et le distanciel. Les nouvelles technologies s’invitant ainsi dans les salles de formation en tant que modalités pédagogiques.
Elle valorise d’une part le besoin d’interaction des apprenants avec leur formateur et leurs collègues. Et s’appuie d’autre part sur le digital, média supplémentaire permettant d’enrichir le processus d’apprentissage.

CSP s’est toujours donné pour mission de mettre la pédagogie au cœur de la réussite d’une formation. Notre devise : « l’humain au cœur des performances, l’émotion au cœur des apprentissages ». Et la formation digitale ne trahit en rien cette philosophie. Nous souhaitons vous montrer, à travers ce nouveau Livre Blanc, que nous continuons d’être les architectes et les concepteurs pédagogiques de vos formations professionnelles… une touche de digital en plus.

(1) Sondage « Utilisation de la formation en ligne et du e-learning en milieu de travail ». Thot Cursus pour Formadi-RDR. 2011.

source : http://www.csp.fr/etude/livre-blanc-digitalisation-formation_34.html

Défis, un outil pour mesurer les impacts de la formation sur les parcours

Quels sont les impacts de la formation sur les parcours professionnels, à l’heure où le vocable « sécurisation des parcours » a introduit une nouvelle dynamique ? À l’occasion de sa journée d’étude du 14 décembre [1], le Conseil national d’évaluations de la formation professionnelle (CNEFP) a proposé un éclairage sur les outils d’évaluation disponibles, tel Défis, le dispositif d’enquêtes sur les formations et itinéraires des salariés, qu’il a initié en 2013.

Confié au Céreq, le dispositif d’enquêtes a déjà livré quelques enseignements sur l’organisation de la formation professionnelle avant la réforme de 2014 (voir notre article) ou le champ souvent inexploré des formations obligatoires (voir notre article). Mais l’intérêt du dispositif, financé par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) repose sur le deuxième volet de l’enquête : l’interrogation sur cinq ans d’un panel de 16 000 individus — salariés en décembre 2013 d’une des entreprises répondantes au premier volet entreprise. Avec cinq vagues d’interrogations, de l’automne 2015 à l’automne 2019, Défis devrait permettre de repérer l’ensemble des formations suivies et les changements professionnels sur la période.

Marion Lambert, chargée d’études au Céreq, a précisé que Défis permettra d’étudier finement les circonstances des transitions professionnelles, de décrire les conditions de travail et leur évolution (changement de poste, nouvelles techniques, augmentation des compétences, autonomie, etc.), les changements affectant les entreprises (restructuration, plan social) et les événements personnels (famille et santé). Ces éléments seront couplés aux informations sur la qualité des emplois, notamment la capacité à formuler un projet professionnel, la reconnaissance des compétences acquises, les relations au travail et le bien-être. La formation n’est que l’un des facteurs de transition, même si les premiers résultats indiquent que, sur 12 % des salariés ayant suivi une formation au cours de leur parcours, 57 % pensent qu’elle leur a permis de trouver un travail.

Une étude concernant les apprentissages informels sera publiée dans un Bref en février prochain. Les premiers résultats montrent, selon Marion Lambert, que « contexte organisationnel et activité de travail favorable aux apprentissages informels ne vont pas de pair, que 9 % seulement des salariés sont dans une dynamique de travail fortement propice aux apprentissages informels, et qu’il y a un effet cumulatif entre dynamique favorable aux apprentissages informels et aux formations organisées ». Cet effet est encore plus notable pour les moins qualifiés, qui voient leurs chances d’accès à la formation multipliées par huit lorsqu’ils sont dans une dynamique propice aux apprentissages informels.

Le Céreq publiera une synthèse annuelle de ses résultats, dont une prévue à la fin de l’année 2017. Une base de données sera accessible aux chercheurs, via le réseau Quételet.

Notes

[1« Entre politiques paritaires et pratiques de formation, le temps de l’évaluation ».

Source :http://www.actualite-de-la-formation.fr/une-du-sommaire/une-de-2016/defis-un-outil-pour-mesurer-les-impacts-de-la-formation-sur-les-parcours.html?

Formation continue dans les universités : le défi de l’e-learning

Jean Chabod-Serieis  |  Publié le 23.11.2016 à 14H50

L'enjeu pour les établissements du supérieur est de se structurer et de constituer une équipe dédiée aux offres e-learning et blended. // © JASON HENRY/The New York Times-REDUX-REA
L’enjeu pour les établissements du supérieur est de se structurer et de constituer une équipe dédiée aux offres e-learning et blended. // © JASON HENRY/The New York Times-REDUX-REA

La formation professionnelle est une formidable manne : 32 milliards d’euros ont été dépensés en 2012, dont 13,8 par les entreprises. Grandes écoles et universités veulent en bénéficier en proposant notamment de l’e-learning. Le point à l’occasion de la conférence EducPros du 24 novembre sur le sujet.

En formation continue comme dans d’autres domaines, les entreprises ont toujours eu besoin de rapidité. « On ne veut pas attendre six mois pour former des gens« , témoigne Alexandra Lange, directrice de la formation chez AG2R La Mondiale, qui attend d’un organisme de formation une certaine réactivité entre la demande et la proposition.

l’essor du blended learning

Les entreprises se doivent désormais de motiver leurs salariés. Antoine Amiel, fondateur et dirigeant de Learn Assembly, un cabinet de formation au numérique, témoigne que ses entreprises clientes – toutes des grands comptes – ont besoin de « redorer le blason de la formation ». « Le taux d’annulation en présentiel une semaine avant la formation a explosé. Les salariés veulent être acteurs de la formation et, s’ils considèrent que l’offre n’est plus adaptée, ils iront voir ailleurs », précise-t-il. D’où la nécessité pour les RH de proposer une offre séduisante. L’e-learning y a sa place.

« Je crois à la règle des 70-20-10, poursuit Antoine Amiel : 70 % de l’apprentissage du salarié se fait en position de travail ; 20 % en partageant avec les collègues lors d’échanges informels ; 10 % en formation présentielle. » C’est pourquoi l’attente des entreprises porte beaucoup sur le mix présentiel-distanciel, ou blended learning. Pour séduire, bien souvent, ces formations hybrides ne doivent pas mobiliser le salarié plus de deux jours.

Écoles et universités, une ingénierie pédagogique hors pair

Face aux attentes des entreprises, l’évidente plus-value des établissements du supérieur repose sur leur capacité à délivrer diplômes, certificats et titres inscrits au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles). « Les récentes réformes de la formation nous obligent à prouver que les collaborateurs sont compétents après la formation, explique Alexandra Lange. C’est pourquoi la certification est importante pour nous. »

Hors diplôme – et donc en formation sur mesure –, les établissements du supérieur peuvent aussi mettre en avant leur ingénierie pédagogique dans le cadre d’appels d’offres. C’est par exemple le cas de l’IAE de Caen, qui a gagné un appel d’offres émis par un Opca (organisme collecteur de la taxe formation). Résultat, un Mooc a été créé, portant sur le management des compétences dans la filière agroalimentaire, à destination des responsables en ressources humaines. « Nous avons gagné parce qu’il y a eu un vrai travail d’ingénierie pédagogique et de prise en compte des spécificités sectorielles, juge Pascal Aurégan, enseignant-chercheur et chargé de mission e-learning. L’idée maintenant, c’est d’aller vers une certification. Plus tard, nous voudrions utiliser les ressources pédagogiques de ce Mooc pour créer un diplôme qui serait une passerelle pour entrer en master 2 ressources humaines. »

Enfin, la présence d’enseignants-chercheurs constitue pour les entreprises une mine de savoirs incroyable pour la formation professionnelle, mais encore sous-exploitée. « Nous sommes dans la prospective de ce côté-là », résume Alexandra Lange.

Les établissements [du supérieur] ont encore du mal à aligner plusieurs acteurs en interne autour d’une stratégie.
(N. Hernandez)

Structurer des équipes dédiées

Le défi pour les établissements du supérieur est de se structurer et de constituer une équipe dédiée aux offres e-learning et blended « mêlant plusieurs métiers, selon Alexandra Lange : des commerciaux dont le rôle est primordial, de l’ingénierie classique et digitale (et pas simplement de l’ingénierie universitaire traditionnelle), et des compétences techniques. »

Pour Nicolas Hernandez, fondateur et dirigeant de 360 Learning (conseil en e-learning), qui compte quelques grandes écoles et universités parmi ses clients, « les établissements ont encore du mal à aligner plusieurs acteurs en interne autour d’une stratégie. J’ai aussi remarqué [leur] faible capacité à se dire ‘on y va’, à prendre la décision de vendre une offre de formation à des entreprises. Cela prend dix-huit mois, ça les fait beaucoup réfléchir, et parfois ils se perdent dans ces réflexions. »

le challenge de la coconstruction

Autre impératif pour espérer toucher le secteur marchand : savoir travailler avec des cotraitants. « Lorsque nous publions une offre, nous cherchons soit la maîtrise de la technique (en interne), soit la coordination de la technique (en sous-traitance), détaille la responsable formation d’AG2R La Mondiale. Ce qui pose problème quand on recherche un partenaire, c’est la complexité du dossier qui nous est proposé. Si c’est trop lourd à mettre en œuvre (lourdeurs administratives, défis techniques, etc.), cela va nous dissuader. »

C’est pourquoi, selon Antoine Amiel, écoles et universités ont tout intérêt à coconstruire avec un partenaire : « Par exemple, une université s’allie à une start-up de serious game pour construire une formation en réponse à l’appel d’offres d’une entreprise. » Le deuxième appel à manifestation d’intérêt (AMI) sur la formation tout au long de la vie émis par le ministère de l’Éducation nationale devrait répondre à ces nouvelles attentes.

Source : http://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/formation-continue-dans-les-universites-le-defi-du-e-learning.html

Nous venons de racheter le spécialiste de l’e-learning e-doceo

Coup de théâtre sur le marché des RH ! Huit mois après avoir levé 25 millions d’euros auprès de Goldman Sachs,Talentsoft annonce, ce vendredi, avoir mis la main sur l’une des dernières sociétés indépendantes du segment de l’e-learning : e-doceo, qui a généré, en 2015, 8 millions de chiffre d’affaires. Grâce à cette troisième acquisition, après RFlex et PeopleXS, l’expert de la gestion des talents élargit sa couverture fonctionnelle et propose une suite intégrée couvrant le recrutement jusqu’au développement continu des collaborateurs, comme l’explique Jean-Stéphane Arcis, PDG de Talentsoft.

Pourquoi avez-vous racheté e-doceo ?

Nous sommes partenaires d’e-doceo depuis deux ans. Nous dénombrons des dizaines de clients communs dont Monoprix et SPIE, qui accèdent, depuis la plateforme Mon Talentsoft, aux modules de formation d’e-doceo. Puisque les intégrations de nos solutions se sont bien déroulées, nous avons choisi de nous associer davantage. D’autant que l’approche d’e-doceo correspond à la tendance que nous percevons : celle de ne plus acheter des contenus sur étagère créés par des studios de création, mais de permettre à des experts métiers de capturer et partager un savoir faire de l’entreprise.

Quelles sont les synergies entre e-doceo et Talentsoft ?

La suite Talentsoft ne disposait, jusqu’ici, que d’un module de gestion de la , plébiscité par une centaine de clients, mais pas de plateforme LMS ou d’outil dédié à la création de contenus pédagogiques. Il nous manquait ainsi ces deux cordes à notre arc. En rachetant e-doceo, nous élargissons donc notre couverture fonctionnelle. Nos outils sont tellement complémentaires que cette acquisition n’aboutit à aucun recouvrement fonctionnel, ce qui est rare ! Ce rapprochement nous permet aussi de consolider notre R&D, désormais constituée de 150 développeurs basés en France.

Votre suite répond désormais à la majorité des processus liés à la gestion du capital humain. Quelles autres acquisitions pourraient vous intéresser ces prochaines années ?

Nous ne nous positionnerons pas dans la paie si c’est ce que sous-entend la question ! Cette année, notre priorité va d’abord être d’intégrer les équipes d’e-doceo aux nôtres puis de proposer, à notre communauté de 1500 clients, nos nouveaux modules LMS et LMCS. Nous espérons, par ailleurs, atteindre les 45 millions de revenus d’ici la fin de l’année. Puis, en 2017, nous resterons à l’affût des pépites innovantes qui sont spécialisées dans les mêmes domaines fonctionnels que nous. Celles qui sont bien implantées en Amérique du Nord pourraient, par exemple, nous intéresser.

Le Digital : la potion magique de la formation ?

La formation, principal levier de la réussite et de la transformation des hommes et des entreprises, devrait voir tous ses voyants au vert tant les besoins sont importants. Et pourtant, les organismes de formation font le dos rond face à la fragilité de leur chiffre d’affaires : les salles ont du mal à se remplir et les entreprises regardent les budgets formation à la loupe. Examen de cet état de fait paradoxal.

La formation professionnelle : bilan de santé

Après des années de croissance, la formation professionnelle s’est lentement et fièrement endormie sur ses lauriers. Même si le succès n’est jamais simple à obtenir, pendant les « belles années », les organismes de formation n’ont pas eu à batailler durement pour défendre ou faire croître leur chiffre d’affaires. Alors quand la crise a brusquement obligé les entreprises à réduire toutes les dépenses, et dernièrement quand la réforme a changé les règles du jeu, les acteurs de la formation ont dû faire face rapidement et sans échauffement à une obligation d’adaptation, voire une reconfiguration salutaire. Sauf que pour la majorité, ce ne sont que de simples ajustements qui ont été pratiqués, pas assez pour retrouver une solide santé.

En 2015, la FFP annonçait -3 % de CA pour ses adhérents, Cegos annonçait -3,4 % de CA, mais plus inquiétants, -12 % de ses marges. Demos, après quelques années difficiles, a finalement trouvé un nouveau souffle avec son rachat par WEIDONG.

Mais pour la majorité des acteurs, les vrais changements de stratégie, d’offres et de pricing tardent à se dévoiler.

Les origines du mal

Mais où donc la machine est-elle grippée ?

La personnalisation

De notre voiture dont la liste des options ne cesse de s’allonger, à nos voyages faits à la carte, en passant par la coque de nos téléphones, la personnalisation n’est pas qu’un effet de mode, mais une vraie prise en compte des nos nouveaux besoins individuels.

Pour la formation dite « traditionnelle » (le mot est bien choisi), le terme « personnalisé » est parfois évoqué, mais il s’apparente plus souvent à un cadeau bonux qu’à une réelle prise en compte du profil et des attentes.

La souplesse

Là encore, on repassera. Même les MOOCs et SPOCs nous imposent généralement des dates, un parcours et des modalités pédagogiques fixes.

La mesure de la performance

Que ce soit le simple questionnaire de satisfaction à chaud avant de sortir de la salle, où les quiz de validation, eux aussi à chaud, en fin de module e-learning, force est de constater que peu d’acteurs se préoccupent d’accompagner la transposition des acquis théoriques en compétences pratiques, et encore moins d’apporter les méthodes et les outils pour mesurer la performance des formations.

La formation professionnelle, toujours très accrochée à son ancien modèle, « vend » de la contrainte :

  • contrainte de programme et de parcours,
  • contrainte de dates et de lieux,
  • contrainte de prix.

Quand on ajoute à cela, la dure réalité du CPF au regard de ses promesses, pas étonnant que cela commence à « coincer », même si tout espoir n’est pas perdu.

Face à ces constats, l’optimisme est pourtant de rigueur. Chahuté par un environnement économique qui se durcit, à des exigences du marché qui s’affirment, le marché garde un vaillant dynamisme :

Et les acteurs ont bien compris tous les enjeux de la Digitalisation de la formation, mais aussi ses atouts :

  • La fin de l’uniformité des parcours et des modalités.
  • Un accompagnement des apprenants dans la durée.
  • Un assouplissement des contraintes de temps et d’accès.
  • Une souplesse tarifaire.

À toute chose malheur est bon, la formation est chahutée, mais génétiquement regonflée au Digital, elle a un grand avenir devant elle.

Source : https://digital-learning-academy.com/event/68-digital-bouee-sauvetage-formation-pro/?goal=0_64fe999cb7-836c5bc17a-205335525

Faut-il s’inquiéter pour l’avenir des formations en langues ?

Publié le 07/11/2016

A croire certains acteurs de la formation professionnelle, les cours de langues seraient de moins en moins présents au sein des plans de formation pour être transférés vers le CPF (compte personnel de formation). Une évolution qui pourrait impliquer un sérieux manque à gagner pour les centres de formation spécialisés.

Avec plus d’un an de recul, qu’est ce que la réforme de la formation professionnelle et son dispositif phare, le CPF, ont-ils eu comme impact sur les formations en langue ?

« Nous avons constaté que les cursus de langues s’inscrivent de plus en plus dans le cadre du CPF, notamment au travers de formations préparant au TOEIC, au Bulats ou au DCL (Diplôme de compétences en langue), et de moins en moins dans le cadre du plan de formation », constate Olivier Haquet, directeur d’Adomlingua, organisme spécialisé dans l’apprentissage des langues depuis dix ans.

« Les entreprises disposent de budgets plus restreints pour leur plan de formation. Elles ont également ont une obligation de retour sur investissement qui n’existait pas jusqu’alors » précise Mathieu Zamanian, directeur général France d’EF Corporate Solutions, entité dédiée à la formation linguistique des entreprises du Groupe EF.

Un plan de formation moins rapide à mettre en place

De fait, les DRH ont privilégié, dans le plan, les formations métiers au détriment des formations en langues, ces dernières pouvant être choisies directement par leurs salariés dans le cadre du CPF. Moins facile à mettre en place, le plan de formation doit désormais aussi obtenir l’aval des partenaires sociaux, ce qui ralentit l’action des services RH. « Les RH font des arbitrages pédagogiques mais aussi financiers pour inclure les formations de leurs salariés dans un dispositif ou un autre» poursuit le directeur d’Adomlingua.

Si le plan de formation perd du terrain pour les formations en langues,, le CPF rencontre quant à lui un succès croissant. Cependant, « les entreprises françaises ont longtemps envisagé la formation en langues comme une taxe et non comme un investissement, relève Mathieu Zamanian. Les autres pays n’ayant pas eu cette obligation d’investir ont rapidement compris l’importance des formations en langues et les bénéfices que des dernières offraient sur les résultats de l’entreprise ». Il est vrai que durant des années, nos entreprises ont plutôt eu tendance à dépenser plutôt qu’investir puisqu’elles avaient le budget pour le faire.

Baisse du plan au profit du CPF

« Nous constatons une baisse de la demande de formation en langue financée par le plan de formation de l’ordre de 50%. Pour une demande de formation dans le cadre du plan, nous en enregistrons 5 ou 6 dans le cadre du CPF. Pour certains organismes de formation positionnés uniquement sur le plan, la baisse d’activité peut donc être très forte » détaille Olivier Haquet. Cela étant, les organismes ayant travaillé dans une logique de ROI aussi bien pour leurs clients que leurs stagiaires devraient voir rapidement leurs efforts récompensés.

A l’inverse, les formations peu efficaces vont perdre du terrain : « La France est le pays qui compte le plus de modalités d’enseignements en langues : téléphone, blended learning, immersion, micro learning, stage… Notre pôle R&D a pu observer que certaines d’entre elles avaient une efficacité toute relative, conclut le directeur général d’EF Corporate Solutions, Au final, cette loi va surtout assainir le marché et lui permettre de s’engager vers de réelles méthodes d’apprentissage. Pour l’heure, les méthodes immersives et l’enseignement flexible avec un professeur disponible 24 h/24 sont les plus efficaces ».

Frédérique Guénot

Source : http://www.focusrh.com/formation/formation-professionnelle/faut-il-s-inquieter-pour-l-avenir-des-formations-en-langues-29173.html