Le CESER : le travail et la formation au cœur d’un colloque

Le 19 décembre dernier à l’Hôtel de région à Lyon, le CESER et AGEFOS PME Rhône-Alpes organisaient leur colloque “Former pour et par le travail”. Les rapports entre formation et travail sont multiples. Si le travail n’est pas l’objectif unique de la formation tout au long de la vie, il participe de manière majeure au développement de la personne et aux process de socialisation et d’acquisition de compétences.

Depuis plusieurs années, le Conseil Economique Social et Environnemental Régional (CESER) explore les différentes facettes de la relation formation / travail, en abordant plus particulièrement les problématiques des jeunes, des demandeurs d’emploi et des actifs occupés.

Pour sa part, AGEFOS PME Auvergne-Rhône-Alpes, Organisme Paritaire Collecteur Agréé, s’efforce de permettre aux entreprises de disposer des compétences nécessaires à leur développement et aux personnes de conduire de manière sécurisée leurs projets professionnels.

A l’aube d’une nouvelle réforme de la formation et de l’apprentissage, le CESER Auvergne-Rhône-Alpes et AGEFOS PME Auvergne-Rhône-Alpes ont souhaité soumettre au débat leurs contributions et expériences lors du colloque qu’ils ont organisé à Lyon le 19 décembre dans les locaux de l’hôtel de Région Auvergne-Rhône-Alpes.

La journée s’est articulée autour de 2 tables rondes : “Former pour le travail” et “Former par le travail”.

Former pour le travail

La première table-ronde, “Former pour le travail” a tenté d’apporter des éléments de réponses à deux questions :

Comment mieux mobiliser dirigeants d’entreprises, salariés et demandeurs d’emploi aux enjeux du développement des compétences, et donc de la formation, dans le contexte de changement technico-organisationnel que nous connaissons, et ceci tout particulièrement pour les personnes les moins qualifiées et pour les PME-TPE dont on sait qu’elles sont les moins consommatrices de formation ? .
Comment construire au mieux les compétences nouvelles dont ont besoin entreprises, salariés et demandeurs d’emploi pour répondre aux nouvelles exigences des organisations, donner sens au travail et sécuriser les parcours professionnels ?

Former par le travail

La seconde table-ronde, “Former par le travail” a été consacrée au levier que constitue la mise en situation de travail pour construire qualifications et compétences.

– Quelles sont les conditions de la performance de l’alternance (contrat d’apprentissage et contrat de professionnalisation, voie scolaire) ?
– Pourquoi la Validation des Acquis de l’Expérience, la VAE, ne se développe-t-elle pas plus alors qu’elle constitue un moyen remarquable à la fois de reconnaissance du travail et d’identification des besoins de compléments de formation ?
– Ne faut-il pas revaloriser et réinterroger la formation interne aux entreprises ?
– Les Formations en Situation de Travail (FEST) constituent-elles une voie d’avenir ?
– L’organisation qualifiante n’est-elle qu’un fantasme dépassé ?

La journée, au cours de laquelle des chefs d’entreprise et des salariés se sont exprimés, a été enrichie des interventions de Joël Ruiz, directeur général d’AGEFOS PME, de Jacques Freyssinet, économiste du travail, d’Annick Taton, représentant Jean-François Bénévise, directeur de la DIRECCTE Auvergne-Rhône-Alpes et de Stéphanie Pernod-Beaudon, vice-Présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, déléguée à la formation professionnelle et à l’apprentissage.

Revoir le colloque “Former pour et par le travail”

Source : https://lejournaldeleco.fr/le-ceser-le-travail-et-la-formation-au-coeur-dun-colloque/

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Formation: zoom sur le CIF, le CPF et leur fusion éventuelle

Paris, 8 déc 2017 – Le gouvernement préconise la fusion du congé individuel de formation (CIF) et du compte professionnel de formation (CPF), proposition soumise aux partenaires sociaux qui négocient depuis fin novembre une réforme de la formation professionnelle.

– Le CIF –

Imaginé dès 1966, il est créé en 1984. Le CIF permet d’obtenir sur son temps de travail et pour une durée de 30 à 1.200 heures (un an maximum à temps plein), le financement d’une formation rémunérée à visée personnelle ou professionnelle. Il est ouvert à tout salarié (CDI, CDD) et demandeur d’emploi.

C’est devenu au fil du temps un outil de reconversion professionnelle.

Son financement provient d’une contribution patronale de 0,2% pour les entreprises de plus de 50 salariés (0,15% entre 11 et 49 salariés), dans le cadre de l’obligation légale pour les entreprises de consacrer 1% de leur masse salariale à la formation (« 1% formation« ).

En 2016, 39.000 CIF ont été acceptés, selon les chiffres de la loi de Finances 2018.

Soulignant que le CIF « fonctionne de manière satisfaisante« , la Cour des comptes a toutefois souligné plusieurs « faiblesses« , comme le fait qu’il ne bénéficie qu’à un nombre réduit de salariés (« lourdeurs » des procédures, « manque d’information« ), et son coût unitaire élevé (25.000 euros, dont 80% de rémunération du salarié et 20% de frais pédagogiques).

– Le CPF –

Entré en vigueur en janvier 2015, il a remplacé le droit individuel à la formation (DIF). Le CPF est ouvert à tout actif, (qui doit avoir crée son compte sur moncompteformation.gouv.fr), mais concerne un nombre limité de formations. Il permet aussi de financer le permis B.

Quand la formation se déroule sur le temps de travail, une autorisation de l’employeur est nécessaire.

Pour un salarié à temps plein, le CPF est alimenté chaque année à hauteur de 24 heures jusqu’à 120 heures, puis 12 heures par an jusqu’à un plafond de 150 heures.

Pour un salarié non qualifié, le crédit annuel monte à 48 heures et le plafond à 400.

Les heures acquises avec le DIF ne sont pas perdues mais doivent être utilisées d’ici le 31 décembre 2020.

Ce dispositif est aussi financé dans le cadre du « 1% formation« , à hauteur de 0,2% de la masse salariale par les entreprises de 11 salariés et plus.

Au 1er novembre, 5 millions de comptes avaient été activés et 1,1 million de formations financées avec le CPF, selon le ministère du Travail.

– Pourquoi une fusion ? –

Dans le document d’orientation remis aux partenaires sociaux, qui sert de base à la négociation, le gouvernement estime que le CPF « restreint les possibilités d’accès à la formation« .

Quant au CIF, il « peine à remplir » une « véritable fonction de reconversion professionnelle« . Le gouvernement suggère que le CPF devienne « l’unique droit personnel à la main des individus« , « sans intermédiaire obligatoire« .

Mi-octobre, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait déjà recommandé une fusion. Un droit équivalent au CIF serait cependant conservé pour les formations qualifiantes longues, relevant d’un projet de reconversion professionnelle. Son attribution serait conditionnée à l’accompagnement du salarié par un conseiller, chargé de délivrer un avis sur la pertinence et la qualité du projet. Le salarié aurait droit à tout ou partie de sa rémunération.

Le CPF, qui verrait son plafond doublé à 300 heures (400 pour les salariés non qualifiés), serait « recentré sur les formations plus courtes et les projets co-construits avec l’employeur« .

Le financement proviendrait d’une contribution de 0,5% de la masse salariale et de la moitié des 0,2% qui vont actuellement au Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), soit près de trois fois plus que ce que ce fonds avait consacré au CPF en 2015.

Source : https://lentreprise.lexpress.fr/actualites/1/actualites/formation-zoom-sur-le-cif-le-cpf-et-leur-fusion-eventuelle_1967400.html

Par AFP , publié le , mis à jour à

Le plan 500 000 : moins d’argent pour la formation des salariés, pas plus d’emplois pour les chômeurs

mars 28 2017

« Entre janvier 2016 et janvier 2017, on constate + 27 900 demandeurs d’emploi en catégories A, B et C et + 61 000 en catégorie D, c’est-à-dire en formation. C’est donc presque 100 000 demandeurs d’emploi supplémentaires à l’issue du plan 500 000. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, le plan 500 000 n’a pas fonctionné » – cabinet de Valérie Pécresse, Île-de-France.

Depuis 30 ans environ, la France se lance régulièrement dans des entreprises d’occupation des chômeurs. Succédant au traitement social du chômage des années 1980 (retraites précoces, gonflement des effectifs étudiants et occupation des chômeurs), le plan 500 000 chômeurs en formation de 2016 restera dans les annales comme une ultime tentative de camouflage de la montée du chômage entre 2012 et 2017, augmentation spécifiquement française alors que partout ailleurs dans le monde le chômage refluait.

La formation ne crée pas l’emploi mais elle peut accompagner le développement économique.

La formation ne crée pas automatiquement des emplois (sauf parfois de formateurs), elle ne peut se substituer à l’Éducation nationale défaillante, à un tissu économique d’entreprises moribondes, à la déprime collective face à l’État qui étouffe toutes les activités sous la complexité, une fiscalité très lourde et une formidable inflation bureaucratique.

La formation peut et doit accompagner le développement et la croissance du pays mais elle est bien incapable de créer du travail ex nihilo si le tissu économique et social du pays est ravagé par des mesures règlementaires, sociales ou fiscales hasardeuses.

Déshabiller Pierre pour rhabiller Paul (emploi)

Depuis 2012, en lieu et place de favoriser le développement de l’activité économique et de soutenir l’apprentissage et les embauches dans les PME/TPE (qui offrent seules de réels potentiels d’emplois), on s’est contenté de siphoner l’argent de la formation des salariés pour (s’)occuper des chômeurs.

Tant qu’en amont l’école formera à des métiers qui n’existent plus, le chômage ne baissera pas en France.

L’État et certains apprentis sorciers en éducation (ceux qui avaient déjà expérimenté les maths modernes, la méthode globale et le collège unique) ont méthodiquement déconstruit notre système scolaire pendant 40 ans. L’école est devenue à la fois inégalitaire, inefficace (toujours plus de moyens pour moins de résultats) et stigmatisante pour le monde du travail et les entreprises (considérées comme des lieux d’aliénations et d’exploitation)

À quoi bon former pour des emplois de secrétariat ou d’OS des années 1950 dans les lycées professionnels ?Dans les lycées professionnels, les formations d’employés de bureau, vendeurs ou aides comptable restent nombreuses alors que ces emplois peu qualifiés disparaissent ou mutent.

L’apprentissage a été déprimé depuis qu’en 2013, on s’est employé à retirer les aides aux petits patrons qui embauchaient des apprentis. Ces mêmes aides ont ensuite été rétablies mais le mal était fait car le signal donné aux employeurs était le suivant : « ne vous occupez plus de la formation des jeunes, l’État s’en charge ».

La formation sera une opportunité en France quand nous serons capables de favoriser l’activité des entreprises. Aujourd’hui, 2 millions de jeunes sont sans emploi, ni éducation ; ils errent dans les banlieues et les campagnes. 2 millions de salariés sont illettrés et encore 2 millions de personnes, chômeurs de longue durée, perdent leur employabilité chaque jour un peu plus.

La loi réformant la formation en 2014 a accouché d’une souris pour ces personnes non qualifiées : le socle des compétences, devenu CLÉA par la grâce des partenaires sociaux : un dispositif bureaucratique. Dérisoire, lourde et imitation inadaptée de l’école alors qu’il aurait fallu sans délai mettre en œuvre des formations totalement ouvertes, libres et faciles d’accès.

Pour sortir du chômage, il faut que les entreprises fassent des profits afin qu’elles investissent puis recrutent.

Aujourd’hui, la France utilise très peu de robots par rapport à ses grands voisins industriels (162 000 robots en Allemagne contre 34 000 en France). Un tel écart s’explique par des marges trop faibles en France mais aussi et surtout parce que les chefs d’entreprises estiment que leurs salariés ne seront pas capables d’utiliser ces nouvelles machines avec profit, faute de formation suffisante.

Ce n’est plus une réforme de la formation dont le pays a besoin mais d’une reconstruction intégrale de son système scolaire depuis l’école jusqu’à la fac.

Sans reconstruction de tout notre système éducatif, la formation restera en France un service secondaire, rare et cher, réservé à quelques ingénieurs ou techniciens hautement qualifiés. Ce service exclusif restera incapable d’accompagner les multiples défis que notre pays doit aborder pour le siècle (transformation numérique, énergétique, environnementale…).

Source :http://www.miroirsocial.com/actualite/13379/le-plan-500-000-moins-d-argent-pour-la-formation-des-salaries-pas-plus-d-emplois-pour-les-chomeurs

Salariés : le CPA, un compte pour tous vos droits

Le gouvernement le présente comme l’un des acquis sociaux du quinquennat. Le compte personnel d’activité, créé par la loi El Khomri, entre en vigueur  jeudi 12 janvier.

Le compte personnel d’activité (CPA), c’est une nouvelle plateforme dédiée à tous les actifs que Raphaël Dardek a bien voulu tester. « Pour créer mon compte, ça me paraît assez simple. J’ai besoin de mon numéro de sécurité sociale », indique ce salarié. Nom et date de naissance, en deux minutes le compte est créé. Raphaël Dardek a désormais accès à certains de ses droits. Par exemple, il a cumulé neuf heures de formation.

Trois comptes en un

Sur la plateforme, le salarié trouve d’abord son compte de formation. Chacun peut cumuler jusqu’à 150 heures et pour ceux qui ont le moins de qualification, le compteur peut grimper jusqu’à 400 heures. Ensuite, il y a le compte de pénibilité qui mesure la pénibilité subie pendant la carrière. Il pourra donner droit à du temps partiel ou à un départ anticipé à la retraite. Enfin, le compte engagement citoyen qui enregistre les heures de bénévolat: à partir de 200 heures, du temps de formation est offert.

Voir le reportage : http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/carriere/vie-professionnelle/sante-au-travail/salaries-le-cpa-un-compte-pour-tous-vos-droits_2015018.html

Le Medef va lancer une campagne de com’ sur les bienfaits de la formation en entreprise

Comme l’organisation patronale l’avait fait avec ses spots Beau Travail, elle va diffuser à la télé et la radio des programmes courts pour raconter de belles histoires de PME ayant réussi leur développement grâce à la formation professionnelle. Un sondage montre l’absence d’information des dirigeants sur le sujet.

Incroyable mais vrai, le Medef va communiquer en 2017 sur… la formation, comme il l’avait fait il y a plus d’un an sur le travail (la série intitulée Beau Travail). Au premier semestre, l’organisation présidée par Pierre Gattaz diffusera des spots à la télévision (France 3 et France 5) ainsi qu’en radio (Europe 1, France inter, BFM Business). Ces programmes courts «racontent de belles histoires de PMEfrançaises qui ont réussi leur internationalisation, leur transition numérique ou leur transition verte, grâce notamment à la formation professionnelle et la montée en compétences de leurs salariés».

Afin de mieux cibler les besoins des PME/TPE, le Medef a commandé un sondage à l’institut Elabe auprès des PME de 10 à 249 entreprises. Selon cette enquête, réalisée en décembre, 84% des TPE et PME estiment que la formation professionnelle est bien devenue un levier de performance. «Nous nous sommes penchés sur trois mutations majeures: la transformation numérique, la transition verte et l’internationalisation», détaille Florence Poivey, présidente de la commission éducation, formation et insertion de l’organisation patronale.

Les PME sensibilisées au défi du numérique et de la transition écologique

L’enquête dévoile que les PME considèrent aujourd’hui le numérique (à 68%) et l’écologie -enjeux énergétiques, climatiques, RSE et environnementaux- (à 58%) comme des défis majeurs. L’internationalisation apparaît en revanche comme le parent pauvre. Plus de la moitié des entreprises interrogées considèrent qu’elle ne représente pas un enjeu pour elles. Fort logiquement, seule une petite minorité de PME a donc décidé de former ses salariés sur les sujets export import.

Les résultats sont meilleurs pour le numérique (24% des entreprises ont formé la majorité de leurs salariés) et la transition verte (21% ayant formé la majorité de leurs salariés) mais encore relativement faibles. Cette frilosité pourrait s’expliquer par un manque d’informations. Seulement 63% des PME s’estiment bien informées sur les formations liées à la transition numérique et 48 % sur celles liées à l’écologie.

Le pari du Medef est donc simple: en améliorant la connaissance des chefs d’entreprise sur la formation, l’organisation incitera les PME à mieux former leurs salariés et les aidera ainsi à relever les défis de l’économie du XXIè siècle.

Par Anne de Guigné – Publié le 13/01/2017 

source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/01/13/20002-20170113ARTFIG00013-le-medef-va-lancer-une-campagne-de-com-sur-les-bienfaits-de-la-formation-en-entreprise.php

l’Afpa devient l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes

Depuis le 1er janvier 2017, l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes est devenue un établissement public. Elle conserve néanmoins son acronyme « Afpa » en se transformant en agence. Il lui faut à présent organiser le transfert juridique des 116 centres détenus jusque-là par l’association et relever le défi du marché. Depuis l’ouverture à la concurrence, son chiffre d’affaires réalisé avec les régions a chuté de 20%.

Ça y est, depuis le 1er janvier 2017, l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) est devenue l’Agence nationale pour la formation professionnelle. Si le sigle « Afpa » ne change pas, pour capitaliser sur la notoriété de l’organisme, son statut est totalement différent : il s’agit maintenant d’un établissement public. C’est la loi du 17 août 2015 relative à l’emploi et au dialogue social (loi Rebsamen) qui a permis cette transformation par le biais d’une habilitation donnée au gouvernement à légiférer par ordonnance. L’ordonnance en question (n°2016-1519 du 10 novembre 2016, publiée le 11 novembre 2016) crée ainsi l’établissement public chargé de la formation professionnelle des adultes qui va assurer les missions de service public et les activités antérieurement exercées par l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes. « Dès sa publication, l’ordonnance devient exécutoire mais elle est attaquable jusqu’à sa ratification, explique à Localtis Christophe Donon, directeur général adjoint de l’Afpa. D’où le projet de loi de ratification de l’ordonnance qui sera bientôt examiné par le Parlement. » Ce projet de loi a été présenté en conseil des ministres le 4 janvier 2017. Il sera examiné par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale le 11 janvier puis en séance publique.
L’ordonnance détaille les quatre missions qui sont confiées au nouvel Epic : l’ingénierie de certification pour le compte de l’Eta ; le repérage des compétences émergentes et la conception et l’expérimentation des formations anticipatrices ; le développement d’une expertise prospective de l’évolution des compétences ; l’appui aux opérateurs chargés des activités de conseil en évolution professionnelle (CEP). L’Epic a aussi une obligation de présence territoriale pour permettre l’accès de tous à la formation. Par ailleurs, l’ordonnance prévoit la constitution de deux filiales pour mener, d’une part, une activité de formation des demandeurs d’emploi, cœur de métier historique de l’Afpa, et, d’autre part, une activité de formation des salariés.

« L’Afpa vit une nouvelle étape de son histoire »

« Suite à l’approbation par les membres du conseil d’administration et du conseil d’orientation le 22 décembre dernier, du transfert du patrimoine à l’Epic et la dissolution de l’association, l’Afpa vit une nouvelle étape de son histoire », signale un communiqué de presse de l’Afpa publié le 2 janvier qui précise que Pascale d’Artois a été nommée directrice générale de la nouvelle agence lors du conseil des ministres du 7 décembre 2016 et a pris ses fonctions le 1er janvier 2017.
Pour permettre la transformation en Epic, la question du transfert de propriété de l’immobilier utilisé par l’ancienne Afpa devait être réglée. C’est chose faite avec l’arrêté du 28 décembre 2016, publié au Journal officiel du 31 décembre. Celui-ci liste les biens immobiliers qui sont transférés au nouvel établissement : 116 centres au total. Leur valeur varie entre 303.900 euros pour le centre d’Aurillac, en Auvergne-Rhône-Alpes, à 14,4 millions d’euros pour le centre de Toulouse-Balma en Occitanie. « Mais il faut encore un acte notarié pour chaque centre, détaille Christophe Donon. Les premiers seront signés d’ici 15 jours car nous travaillons depuis le mois d’août avec un cabinet de notaires sur le sujet. Cela va s’étaler sur plusieurs semaines. » Cette question du transfert du patrimoine immobilier est posée depuis de nombreuses années. Son passage de l’Etat à l’Afpa a été compliqué. Ayant été jugé inconstitutionnel, le transfert avait été temporairement réglé en 2010 à travers la constitution de baux emphytéotiques entre l’Etat, qui possédait la majorité des centres de formation, et l’Afpa, conférant à l’association un droit réel sur les locaux.
Par ailleurs, les régions avaient la possibilité grâce à une disposition prévue dans le cadre de la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale de récupérer des immeubles de l’Afpa à titre gratuit et cela jusqu’à ce qu’à sa transformation en Epic. La région Bourgogne-Franche-Comté se voit ainsi transférer le centre Afpa de Vesouls (960.000 euros) et celui de Lons-le-Saulnier (1,7 million d’euros), dans le cadre d’un arrêté publié le 31 décembre 2016. Mais au-delà de cette région, aucune autre n’a souhaité hériter des centres de l’Afpa, craignant, pour la plupart, des coûts de maintenance élevés…

Stratégie de reconquête

Malgré sa transformation en Epic et la question, maintenant réglée, de son patrimoine, l’activité de la nouvelle agence n’est pas garantie et sa situation financière reste fragile.
L’établissement a dû faire face au transfert de la commande publique aux régions en 2004, puis à l’ouverture du marché à la concurrence en 2009. « Entre 2010 et 2016, nous avons perdu un peu plus de 20% du chiffre d’affaires réalisé avec les régions, assure Christophe Donon. Cela déstabilise l’organisation mais il s’agissait d’une sorte de monopole et nous gardons une position dominante sur le marché. »
Inquiets de la création des deux filiales de droit privé, les syndicats réclament des engagements de la part de l’Etat. De ce côté, Christophe Donon se veut rassurant : « Nous allons créer un comité central d’entreprise qui aura compétence sur les trois structures pour que la gestion des ressources humaines se fasse de manière unifiée. »
Pour le directeur général adjoint de l’Afpa, maintenant que les questions structurelles sont réglées, il faut se concentrer sur la stratégie de reconquête du marché. « Derrière la transformation du statut, il y a une transformation de nos métiers à entreprendre, sur le plan pédagogique », explique-t-il. Au programme : un renouvellement des offres pour s’adapter aux besoins des entreprises (transition énergétique, numérique, nouvelles technologies industrielles…) et le développement de formations à distance. L’Afpa prépare ainsi la mise en place d’une plateforme, en partenariat avec Orange, qui lui permettra de proposer des formations organisées à la fois à distance et en présentiel (formations multimodales). « Nous sommes implantés dans tous les départements donc pour les formations en groupes en présentiel, les stagiaires n’auront pas besoin d’aller très loin, c’est une grande force », affirme Christophe Donon.

Emilie Zapalski

Références : arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux projets de site préalables au transfert de propriété de l’Etat à titre gratuit aux régions d’un ou de plusieurs immeubles utilisés par l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes, JO du 31 décembre 2016 ; arrêté du 28 décembre 2016 relatif à la liste des biens immobiliers transférés à l’établissement public chargé de la formation professionnelle des adultes, JO du 31 décembre 2016.

Publié le lundi 9 janvier 2017

Défis, un outil pour mesurer les impacts de la formation sur les parcours

Quels sont les impacts de la formation sur les parcours professionnels, à l’heure où le vocable « sécurisation des parcours » a introduit une nouvelle dynamique ? À l’occasion de sa journée d’étude du 14 décembre [1], le Conseil national d’évaluations de la formation professionnelle (CNEFP) a proposé un éclairage sur les outils d’évaluation disponibles, tel Défis, le dispositif d’enquêtes sur les formations et itinéraires des salariés, qu’il a initié en 2013.

Confié au Céreq, le dispositif d’enquêtes a déjà livré quelques enseignements sur l’organisation de la formation professionnelle avant la réforme de 2014 (voir notre article) ou le champ souvent inexploré des formations obligatoires (voir notre article). Mais l’intérêt du dispositif, financé par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) repose sur le deuxième volet de l’enquête : l’interrogation sur cinq ans d’un panel de 16 000 individus — salariés en décembre 2013 d’une des entreprises répondantes au premier volet entreprise. Avec cinq vagues d’interrogations, de l’automne 2015 à l’automne 2019, Défis devrait permettre de repérer l’ensemble des formations suivies et les changements professionnels sur la période.

Marion Lambert, chargée d’études au Céreq, a précisé que Défis permettra d’étudier finement les circonstances des transitions professionnelles, de décrire les conditions de travail et leur évolution (changement de poste, nouvelles techniques, augmentation des compétences, autonomie, etc.), les changements affectant les entreprises (restructuration, plan social) et les événements personnels (famille et santé). Ces éléments seront couplés aux informations sur la qualité des emplois, notamment la capacité à formuler un projet professionnel, la reconnaissance des compétences acquises, les relations au travail et le bien-être. La formation n’est que l’un des facteurs de transition, même si les premiers résultats indiquent que, sur 12 % des salariés ayant suivi une formation au cours de leur parcours, 57 % pensent qu’elle leur a permis de trouver un travail.

Une étude concernant les apprentissages informels sera publiée dans un Bref en février prochain. Les premiers résultats montrent, selon Marion Lambert, que « contexte organisationnel et activité de travail favorable aux apprentissages informels ne vont pas de pair, que 9 % seulement des salariés sont dans une dynamique de travail fortement propice aux apprentissages informels, et qu’il y a un effet cumulatif entre dynamique favorable aux apprentissages informels et aux formations organisées ». Cet effet est encore plus notable pour les moins qualifiés, qui voient leurs chances d’accès à la formation multipliées par huit lorsqu’ils sont dans une dynamique propice aux apprentissages informels.

Le Céreq publiera une synthèse annuelle de ses résultats, dont une prévue à la fin de l’année 2017. Une base de données sera accessible aux chercheurs, via le réseau Quételet.

Notes

[1« Entre politiques paritaires et pratiques de formation, le temps de l’évaluation ».

Source :http://www.actualite-de-la-formation.fr/une-du-sommaire/une-de-2016/defis-un-outil-pour-mesurer-les-impacts-de-la-formation-sur-les-parcours.html?