Le compte personnel de formation: un tsunami pour les organismes


Depuis la mise en place du compte personnel de formation (CPF): le chiffre d’affaires des organismes très présents sur le créneau du développement personnel ou de la bureautique a fondu d’au moins 50Les 58 000 organismes de formation redoutaient la mise en oeuvre de la réforme du 5 mars 2014. Le choc a été encore plus violent que prévu, notamment pour les spécialistes des langues, de la bureautique et des formations comportementales.

« Nous sommes dans le camp de ceux qui ont beaucoup souffert », soupire Bernard Bruche, fondateur du cabinet éponyme, spécialiste des formations en développement personnel. Et pour cause, ces formations comportementales courtes et non certifiantes ont été plébiscitées par les détenteurs du Droit individuel à la formation (DIF). Mais elles n’entrent plus dans le cadre du Compte personnel de formation (CPF).

Résultat : le chiffre d’affaires des organismes très présents sur le créneau du développement personnel ou de la bureautique a fondu d’au moins 50 %. « Je vois régulièrement passer des courriers d’administrateurs judiciaires me proposant de reprendre une entreprise ou des personnels, poursuit Bernard Bruche. Heureusement, nous avons accumulé suffisamment de trésorerie pour tenir. Mais nous avons réduit la voilure, passant de 12 salariés permanents à cinq. Alors que nous avons toujours préféré salarier des permanents, nous privilégions aujourd’hui les vacataires », regrette ce chef d’entreprise, qui s’estime toutefois « heureux de ne pas avoir mis la clé sous la porte. »

Moins 15 % pour les langues

Les organismes de formation linguistique respirent un peu mieux : leur mobilisation a permis d’intégrer les formations en anglais, allemand, espagnol et français langue étrangère aux listes des cursus éligibles au CPF, alors qu’elles en étaient initialement exclues. Le bilan de la réforme reste toutefois négatif : -15 % de chiffre d’affaires en moyenne. « Mais 42 % de nos adhérents ont perdu plus de 25 % de leur activité », précise Sana Ronda, qui préside la commission Langue de la Fédération de la formation professionnelle (FFP). Et pas seulement à cause du CPF : « La réforme redéfinit tout le circuit de financement de la formation, poursuit Sana Ronda, en tant que présidente de Linguaphone France cette fois. Cela génère au mieux de l’attentisme, au pire un véritable obstacle de la part des entreprises ! »

Encore deux ans

La montée en puissance du CPF promet d’être lente, très lente : « Rendre les salariés acteurs de leur propre parcours professionnel va prendre des années », estime Sana Ronda. « Les entreprises ont autant de mal que les salariés à s’approprier cette réforme, dont on ne peut pourtant que louer la philosophie », confirme Jean Wemaëre, président la FFP, dont les adhérents déclarent en moyenne entre 0 et 10 % de baisse de chiffre d’affaires. « Mine de rien, le DIF représentait 15 % de leur activité », ajoute-t-il.

 Mais il veut rester positif : « Je suis convaincu que les formations en développement personnel et en bureautique finiront par être prises en charge par les entreprises dans le cadre du Plan de formation. » « Mais il nous faudra au moins deux ou trois ans pour remonter la pente », prévient Bernard Bruche. Si tout se passe bien…
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