Le CPF enterre la liberté de choix des salariés


Ceci est un billet d’humeur, une prise de position ; l’intention n’est pas d’informer sur le CPF. Des informations officielles sur ce dispositif sont disponibles sur ce site géré par le gouvernement : www.moncompteformation.gouv.fr

Le DIF a disparu fin 2014 pour être remplacé par le CPF, Compte Personnel de Formation.

Le DIF était un dispositif un peu bancal, car il ouvrait un « droit » dont le salarié pouvait se saisir, et dont l’exercice incombait, in fine, à l’employeur.

Les pouvoirs publics ont décidé de « reprendre en main » la formation professionnelle, accusée de coûts exorbitants, de pratiques douteuses, d’inefficacité, de déconnexion du le marché du travail, d’irresponsabilité, d’incompétence, entre autres. Rappelons que les syndicats ont été jusqu’à maintenant financés, pour partie, directement par ces fonds, de manière occulte et massive.

Je suis favorable à la définition et à l’application de cadres clairs, précis, indentifiables et contrôlables dans les métiers de l’accompagnement professionnel et de la formation. J’étais donc, à priori, favorable, à l’émergence d’un dispositif plus cadré que le DIF. Hélas, j’étais optimiste !

Parmi les intérêts du CPF, voici les deux que je retiens, à ce stade :

– le salarié choisit lui-même les formations qu’il veut suivre et gère son compte sur un site Internet ergonomique et clair,

– les heures de formation et le budget attenant sont liés au salarié, non à son contrat de travail. Il peut donc y faire appel quel que soit son employeur ou s’il est privé d’emploi.

Cependant le CPF enterre un élément clé soutenant l’évolution professionnelle et loué par par la devise de notre pays : la liberté. Plus précisément dans notre cas, celle de choisir la formation et l’organisme formateur qui sied le mieux à la personne, à son projet et à ses intentions. En effet, ne pourront plus être financées que des formations sélectionnés par l’Etat / les branches / professionnelles / les « partenaires » sociaux.

Par ailleurs, le bilan de compétences ne pourra pas être financé par le CPF, alors qu’il l’était par le DIF. Les salariés  pourront toujours faire appel à leur OPACIF (FONGECIF, AFDAS etc.), mais ceux d’entre eux qui s’éloignent des publics prioritaires (Voir les critères du FONGECIF Ile de France) verront, comme aujourd’hui, leur dossier refusé.

Je considère que le principe visant à transférer la liberté de choix et la responsabilité individuelle vers l’Etat et/ou les partenaires sociaux comme synonyme de dérive autoritariste. Dans ce cas, cette dérive s’exerce, à minima, par deux moyens :

– La sélection d’une liste de formations « adaptées » à chaque personne, en fonction de son profil et de son projet ; c’est une manière de considérer que les personnes sont incompétentes pour opérer ce choix

– Le transfert de la responsabilité de cette sélection du salarié vers l’état et/ou les partenaires sociaux.

La situation économique et le rapport au travail sont complexes et en pleine mutation ; on y répond par de la bureaucratie et de l’autoritarisme.

 

Thomas Reynier
Coach & Consultant en Evolution professionnelle
www.thomasreynier-coaching.com 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/thomas-reynier/110215/le-cpf-enterre-la-liberte-de-choix-des-salaries

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