Côte d’Azur : les entreprises jouent la carte du numérique pour fidéliser les salariés


Les echos.fr – Christiane Navas / Correspondante à Nice | Le 03/02 à 17:33

Après Sophia-Antipolis, l’Eco-Vallée de Nice se lance dans l’e-DRH. Un moyen pour les recruteurs de capter et fidéliser leurs cadres

Fidéliser un cadre mercenaire qui n’a que l’embarras du choix en matière de postes. Faciliter la venue d’un informaticien étranger de haut vol en allégeant ses formalités administratives. Aider les PME à enrichir leur offre de formation. Historiquement férues de nouvelles technologies, les entreprises de la Côte d’Azur se tournent vers le numérique pour tenter de résoudre leurs problèmes de ressources humaines. Il y a quelques semaines, l’Eco Vallée, la technopole de la métropole niçoise, s’est convertie à l’e-DRH en adoptant une plate-forme numérique commune à ses entreprises. Un fichier géant regroupant offres d’emploi, CV, fiches de poste.Le dispositif n’est pas neuf : il est en vigueur depuis 2010 à Sophia-Antipolis, où 282 entreprises, majoritairement des PME, l’utilisent. Près de 1.500 mises en relations directes ont ainsi été concrétisées en 2014 en croisant les fiches de poste des recruteurs potentiels et le vivier de candidats, fort de 25.000 profils actifs. Il enregistre une dizaine de nouveaux inscrits par jour.Depuis 2012, le système, piloté par la CCI Nice Côte d’Azur, a été étendu à l’industrie, grâce à un partenariat avec l’UIMM locale et l’Association des partenaires pour la promotion de l’industrie méditerranéenne. Pour d’autres filières, peu nourries en profils, les choses sont moins formelles, mais le recruteur qui veut éviter de multiplier les démarches peut déposer une offre qui sera examinée par les professionnels de l’emploi.

Vue aérienne du campus de Sophia Antipolis – ONLY FRANCE/AFP

Si l’e-DRH a ainsi pris ses quartiers à Sophia-Antipolis, ce n’est pas uniquement en raison de son penchant pour la high-tech, ou sa concentration de cadres hors du commun (26 %). Mais parce que, malgré un taux de chômage de 11 % les entreprises peinaient à recruter certains profils. « Les DRH avaient constaté les difficultés croissantes pour capter, recruter, intégrer et fidéliser les talents sur Sophia-Antipolis, d’où l’idée de proposer une stratégie RH mutualisée », explique Magali Viano, DRH d’Amadeus, l’un des plus gros recruteurs locaux.

Gestion provisionnelle des emplois

Au-delà du recrutement, l’outil a d’autres vertus : il permet par exemple de mettre en œuvre une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dans la filière des TIC (près de 16.000 emplois), secteur en tension en matière de recrutement.C’est aussi un outil pour améliorer l’intégration des nouveaux salariés. Il permet, par exemple, une relation directe et rapide avec les professionnels de l’immobilier pour la recherche d’un logement, ou une relation directe avec l’Apec pour faciliter l’intégration professionnelle du conjoint.Pour les salariés étrangers, très nombreux dans le bassin d’emploi (une cinquantaine de nationalités), une convention signée avec la préfecture permet d’accélérer les délais de traitement des dossiers et autres titres de séjour. Des formalités souvent longues et complexes, qui parfois freinent la venue d’étrangers. Plus d’un millier de dossiers ont ainsi été traités en 2014.Enfin, la mutualisation s’étend à la formation. «  Réunir suffisamment de participants permet de les organiser sur site et d’en réduire les coûts, et donc de permettre à des PME d’enrichir leur offre de formation » constate Magali Viano. Une trentaine de formations ont pu être ainsi mutualisées en 2014 pour près de 250 stagiaires. L’expérience de l’e-DRH est suivie de près dans plusieurs territoires.

Un gain de temps pour les entreprises

Mouv concept : recrutement bouclé en deux mois. Spécialisé dans la conception et la fabrication d’appareils d’éclairage à base de LED, Mouv Concept, TPE de quatre personnes de la région niçoise, a recruté son dernier salarié grâce à la e-RDH06. « Nous cherchions un assembleur câbleur depuis plusieurs mois. Après plusieurs tentatives infructueuses auprès de Pôle emploi et de nos différents réseaux, nous avons réussi à trouver le profil qui nous intéressait grâce à la plate-forme numérique », explique Jean-Pierre Sfecci, le gérant de l’entreprise. Mouv Concept a bénéficié d’une assistance pour préciser ses besoins et dresser la fiche de poste, ce qui a permis, en croisant les profils inscrits en ligne, d’obtenir huit contacts puis de retenir après une présélection deux candidats potentiels. « En moins de deux mois, le recrutement a été bouclé, nous ­avions un interlocuteur unique qui nous a permis de bien préciser nos besoins. »

Liganz : ­une convention avec la préfecture. Recruter des compétences pointues est compliqué pour les start-up du Web, l’ingénierie est un secteur en forte tension et les candidats sont très tôt ciblés par les grands groupes. En quête d’un docteur en informatique spécialisé dans le Web sémantique, Liganz, qui vient de mettre en ligne son site de « personal shopper » a trouvé les compétences recherchées. La société a recruté un docteur en informatique formé à Nancy. Il fallait qu’il soit le plus rapidement opérationnel et donc faciliter l’intégration de cet ingénieur de nationalité éthiopienne. « La e-DRH nous a aidés à gérer tout le dossier lié aux formalités de titre de séjour, c’est un gain de temps inestimable, pour l’entreprise comme pour le salarié, qui évite des situations de stress  », reconnaît Isabelle Maneau. La e-DRH a servi d’interface avec les services de la préfecture, avec qui une convention a été passée pour accélérer le traitement des dossiers.

L’incubateur Paca-Est : enrichir la palette de formation. Former les futurs entrepreneurs accompagnés par l’incubateur Paca-Est fait partie des prestations proposées. « Nous avons rejoint la plate-forme e-DRH de Sophia-Antipolis il y a quatre ans car elle nous permet d’enrichir la palette de formations que nous pouvons proposer et, surtout, d’en réduire le coût en augmentant le nombre des participants », précise Sophie Monteil, chargée de la formation. L’incubateur ouvre ainsi certaines de ses formations liées au management, à la bureautique, au marketing, etc. à des PME, et a pu, grâce à la mutualisation avec d’autres acteurs de la technopole, proposer des sessions répondant à de nouveaux besoins identifiés, comme l’utilisation des réseaux sociaux. Un point annuel en début d’année permet de faire l’inventaire des besoins en formation sur le bassin d’emploi et de programmer les différentes sessions pour y répondre. .

Christiane Navas

Source : http://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/0204129994539-cote-dazur-les-entreprises-jouent-la-carte-du-numerique-pour-fideliser-les-salaries-1089707.php?d6OhQTPt7pbBwo6L.99

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