Retraites, formation professionnelle, coût du travail : les débats ouverts par la conférence sociale


Par Leïla de Comarmond, Marion Kindermans et Vincent Collen | 20/06 | 19:41

François Hollande a confirmé que la durée de cotisation pour la retraite allait augmenter. La concertation durera tout juillet.

Lors de la conférence de méthode pour préparer la conférence sociale. - AFP

Lors de la conférence de méthode pour préparer la conférence sociale. – AFP

François Hollande l’a encore dit ce jeudi, la durée de cotisation nécessaire pour toucher une retraite à taux plein devrait augmenter au terme de la réforme qu’il prépare pour la fin de l’été. Il s’agit selon lui d’une voie « plus juste » que celle d’un nouveau décalage de l’âge légal du départ, porté à 62 ans par Nicolas Sarkozy. Problème, cette solution pénalise les jeunes générations, qui commencent à cotiser plus tard pour leur retraite. Le chef de l’Etat a indiqué que leur « effort contributif » pourrait être « calculé d’une façon différente d’aujourd’hui ». Le rapport Moreau, remis au gouvernement la semaine dernière, préconise de comptabiliser d’une façon moins restrictive les droits à la retraite des jeunes en apprentissage et des stagiaires.

Le chef de l’Etat n’a rien dévoilé d’autre sur ses intentions. « Je n’entends pas fermer le débat avant même qu’il n’ait été ouvert », a-t-il dit. La concertation avec les partenaires sociaux durera « tout le mois de juillet  et si nécessaire, une partie du mois d’août ». Le gouvernement « fera connaître ses choix à la rentrée ».

Après l’intervention du président, Jean-Claude Mailly (FO) et Thierry Lepaon (CGT) ont redit leur ferme opposition à tout allongement de la durée de cotisation. « Nous en acceptons le principe, à condition qu’il se poursuive au rythme de la progression de l’espérance de vie et que soient prises en compte la pénibilité et la situation des jeunes générations », a réagi Jean-Louis Malys (CFDT). Laurence Parisot (Medef) a de son côté jugé qu’il fallait à la fois augmenter la durée de cotisation et relever l’âge légal du départ.

Représentativité patronale : un médiateur pour une réforme

Sous la pression du gouvernement, les trois organisations patronales – CGPME, UPA et Medef- ont fini par accoucher in extremis, mercredi, d’une « position commune » . Ce texte, a minima, retient le critère de l’adhésion – et non l’élection comme c’est le cas pour les salariés – pour définir la représentativité. Pas plus. Rien par exemple sur la place accordée aux autres organisations non représentatives (Usgeres, Unapl, Fnsea).

Ce jeudi matin, Michel Sapin, ministre du Travail, a annoncé la nomination d’un médiateur pour qu’une réforme plus aboutie – malgré les réticences du Medef – soit rendue dans les semaines qui viennent. Le nom de Jean-Denis Combrexelle, directeur général du travail au ministère de l’emploi, est celui qui circule le plus à ce stade. Jean-Claude Mailly (FO) a réclamé « un processus électoral pour les employeurs ».

Formation professionnelle

Le thème était déjà au programme de la précédente conférence, mais le dossier n’a que peu avancé. Un point est acquis d’avance : une négociation va s’ouvrir sur le sujet. Reste à en définir les modalités concrètes, car le dossier, qui va de la formation des salariés en poste à celle des chômeurs en passant par l’apprentissage, concerne, certes, les partenaires sociaux, mais aussi l’Etat et les régions.

L’enjeu global représente 30 milliards d’euros mais il recouvre des dépenses très différentes. Il y a notamment celles des entreprises pour leurs salariés , sur lesquelles les syndicats aimeraient avoir plus leur mot à dire. Il y a aussi celles pour les chômeurs. Jean-François Roubaud, président de la CGPME, a prévenu : « Oui pour ouvrir le dossier, mais il faut que chacun balaye devant sa porte. D’accord pour former des chômeurs, mais pas sur nos fonds. Sinon, ce seront nos PME qui s’écrouleront ». La présidente du Medef, elle, a plaidé pour que la question de la formation soit liée « à la négociation assurance-chômage », souhaitant que les efforts des employeurs en la matière influent sur la cotisation. «  Plus une entreprise forme à l’employabilité, plus elle contribue à la mobilité des salariés, et du coup moins elle est amenée à cotiser à l’assurance chômage, il y a un lien », a-t-elle affirmé.

Coût du travail : « Faut-il aller plus loin  ? »

François Hollande ne s’est pas beaucoup avancé sur le sujet du coût du travail. Sans le fermer non plus. Le président de la République a rappelé que le crédit d’impôt compétitivité instauré cette année va déjà réduire de 20 milliards d’euros les prélèvements sur les entreprises. « Faut-il aller plus loin ? », s’est-il interrogé.

Sans répondre à la question, le chef de l’Etat s’est montré particulièrement prudent sur la question. « Cela suppose d’avoir des marges de manoeuvre », a-t-il souligné. Autrement dit, cela paraît difficile alors que les déficits sont toujours importants. Même si un « élargissement de l’assiette » des prélèvements sociaux, qui pèsent aujourd’hui surtout sur les salaires, « fait toujours partie de la discussion », assure-t-il. C’est aussi ce que réclament plusieurs syndicats pour consolider le financement de la protection sociale, mais pas dans une optique de réduction du coût du travail.

Source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202843636768-retraites-formation-professionnelle-cout-du-travail-les-debats-ouverts-par-la-conference-sociale-577954.php

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