GPEC et formation continue à l’aune des accords d’entreprise…


Paul Santelmann, Responsable de la Prospective à l’AFPA :
PUBLIÉ LE Vendredi 21 décembre 2012

Deux recherches de type monographique (équipe IAE et équipe centre études et prospective du groupe ALPHA) relatives aux accords d’entreprises sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) ont été présentées le 19 décembre à une matinée d’études de la DARES. Ces éclairages viennent à point pour alimenter la négociation entreprise autour du fonctionnement du marché du travail. En effet cette négociation, rendue difficile par le contexte de progression du chômage de masse, porte précisément sur l’amélioration de l’articulation entre les politiques RH des entreprises et le fonctionnement du marché de l’emploi. La question de la « sécurisation » des parcours professionnels est posée dans ce débat qui interpelle l’anticipation des transformations qualitatives et, si possible, quantitatives des métiers mais aussi la place de la formation dans la négociation collective.

L’anticipation en matière d’emploi doit être accompagnée d’une politique préventive à l’égard des métiers « sensibles » et « critiques » dont il serait nécessaire d’établir une typologie fondée sur les constats de ces dernières décennies en matière d’obsolescence des activités professionnelles (processus de déqualification, de dévaluation de certaines fonctions ou professions, de désuétude de certaines techniques, de déconstruction de l’employabilité) mais aussi en matière de reconversion (solidité des hypothèses et des thèses en matière de mobilités intersectorielles, de transférabilités des compétences, d’apprentissage en cours de carrière, d’impact des bilans de compétences ou de la formation continue sur les parcours multi-métiers, etc.).

Les études mobilisées soulignent curieusement une faible instrumentation des entreprises en matière d’approche des transitions professionnelles apparemment construites autour des vieux schémas « rationalistes » des proximités de métiers à métiers au détriment des démarches visant à établir les proximités des individus avec des groupes de métiers. En effet les communautés professionnelles sont marquées par une plus grande hétérogénéité en termes de profils de compétences qu’autrefois. Cela signifie que les individus qui exercent le même métier sont loin de relever de critères de transférabilité communs ! On mesure ici la faiblesse des politiques RH qui n’ont pas pris la mesure du concept de gestion par les compétences qui suppose une double instrumentation à la fois individuelle (approche par les compétences-clef) et collective (analyse clinique et didactique de l’exercice des métiers). Une instrumentation qui permettrait par ailleurs de mieux définir et cibler les méthodes, les contenus et les objectifs de la formation continue… Sur ce point la question du « compte personnel de formation » présente les mêmes ambiguïtés que le DIF qui entretient une approche consumériste des heures de stages et surtout une sorte de dédouanement de l’entreprise dans l’entretien de l’employabilité des salariés (les organismes de formation étant supposés résoudre ce problème de l’extérieur).

En réalité la GPEC soulève d’abord, en matière de formation, les questions de l’internalisation et du développement des fonctions apprenantes et qualifiantes au sein des collectifs de travail et des entreprises. Cette internalisation favoriserait d’ailleurs les processus de recrutement, de professionnalisation et d’intégration des jeunes dans les entreprises… Encore faut-il que cette dimension enrichisse la négociation d’entreprise alors même que la politique de formation ne relève que d’une consultation. On mesure ici l’effet pervers de l’hyper-instrumentation prescriptive issue des accords interprofessionnels en matière de FPC (PDF, DIF, CIF, POE, périodes de pro, contrats de pro, etc.) qui a fini par déresponsabiliser et dévitaliser le dialogue social d’entreprise et de terrain sur le rapport aux savoirs professionnels ! Il est temps de rééquilibrer la négociation collective en matière de FPC au profit des acteurs de l’entreprise.

Source : http://blogtfs.afpa1.host.privilis.com/?p=2933

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