Airbus et Dassault, planches de salut des salariés de PSA ?


Airbus et Dassault, planches de salut des salariés de PSA ?

Créé le 17-07-2012 à 16h33 – Mis à jour à 17h13

Randstad, un des principaux acteurs sur le marché des ressources humaines, propose aux professionnels de l’automobile de se reconvertir dans l’aéronautique.

Laurent Duverger, manager du centre expert aéronautique de Randstad. (c) DR

Laurent Duverger, manager du centre expert aéronautique de Randstad. (c) DR

Randstad, un des leaders mondiaux en matière de ressources humaines, a lancé il y a deux mois un projet de passerelle entre les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique. Cette opération repose sur l’identification de certaines qualifications et expériences acquises dans l’automobile et transférables dans le secteur aéronautique en passant par la formation. L’idée est de permettre à des salariés de l’automobile d’acquérir les compétences nécessaires pour exercer dans l’aéronautique.

Le groupe a listé une dizaine de qualifications dans l’automobile qui permet d’envisager une reconversion dans l’aéronautique, comme celles de tourneur, fraiseur, tôlier, mécanicien, électrotechnicien, peintre carossier… Ils pourront après une formation d’une durée de 6 à 10 semaines devenir ajusteurs cellule, mécaniciens système, monteurs câbleur, peintres aéronautique.

Laurent Duverger, manager du centre expert aéronautique de Randstad, détaille pour Challenges.fr ce programme et ses objectifs.

Randstad propose aux professionnels de l’automobile qui le souhaitent de se reconvertir dans l’aéronautique. En quoi consiste concrètement ce programme ?

– Cela fait deux mois que nous avons lancé cette opération. L’idée est assez simple. D’un côté, vous avez un secteur automobile qui rencontre des difficultés. De l’autre, vous avez un secteur de l’aéronautique dynamique qui manque de main d’œuvre. Randstad, leader dans ces deux secteurs d’activité, a donc décidé de créer des passerelles. Au-delà de l’aspect business, nous avons un rôle social et entrepreneurial. Nous devons amener des nouveaux ‘process’ pour créer de la valeur.

Et dans ce cas précis, en quoi consiste-t-il ?

– Nous avons contacté un certain nombre d’acteurs et communiqué autour du projet. Dans le même temps nous avons appelé tous les intérimaires disponibles. Nous avons également formé tous nos responsables d’agence pour qu’ils délivrent la bonne information. Quatre sites ont été sélectionnés : Saint-Nazaire, Marseille, Nantes et Toulouse. Les personnes potentiellement intéressées par notre projet ont été contactées. Des tests métiers ont été mis en place. Quatre cas sur cinq nécessitent une formation. C’est une logistique assez lourde. Elle peut être prise en charge par Randstad ou par un partenaire (Pôle emploi, municipalités…). Ce que nous proposons s’apparente à du sur mesure. Chaque cas nécessite une ingénierie propre.

Quelles sont les métiers privilégiés et quels sont les groupes qui recrutent ?

– Nous nous adressons aux techniciens [tourneur, fraiseur, tôlier, mécanicien]. Par exemple, un câbleur automobile peut devenir câbleur dans l’aéronautique. A nous d’établir les passerelles vers les bons sites. Dans l’aéronautique, nos interlocuteurs sont Dassault, Airbus et les sous-traitants.

Cela suppose une certaine mobilité de la part des candidats…

– La mobilité n’est pas encore inscrite dans la mentalité des Français. Concrètement, c’est plus difficile pour un ouvrier que pour un ingénieur. Entre 2 et 4% des personnes que nous contactons envisagent de bouger dans le cadre de ce rapprochement automobile-aéronautique. Mais mon objectif, ce n’est pas de changer les mentalités. Nous sommes davantage dans une vision microscopique que macroscopique. Si nous parvenons à changer la vie de Paul à Vesoul en lui trouvant un travail à Toulouse, le contrat est rempli.

Combien de dossiers avez-vous déjà traité et quel est votre objectif ?

– Depuis deux mois, une vingtaine de personnes ont été retenues pour une formation en septembre ou octobre. Nous espérons traiter entre 50 et 100 dossiers par an, alors qu’actuellement nous avons plusieurs centaines de postes ouverts dans l’aéronautique.

Comptez-vous ouvrir votre projet à d’autres secteurs d’activité ?

– Nous avons commencé avec le secteur de l’automobile parce que c’est un secteur que nous connaissons bien. Nous attendons les premiers retours pour voir si cela fonctionne. On peut imaginer que si cela s’avère positif, le programme s’ouvrira.

Quel est le coût moyen par candidat ?

– C’est compliqué à évaluer. Il faut prendre en compte le temps passé par candidat, le temps de formation, le taux de placement… C’est encore trop tôt pour faire une évaluation. A la fin de l’année, j’aurai une meilleure vision. Mais nous ne travaillons pas dans une vision purement économique. L’objectif, c’est de faire de Randstad un acteur différent en proposant une offre différente.

Propos recueillis par Marco Mosca.
SOURCE : http://www.challenges.fr/entreprise/20120717.CHA9099/randstad-propose-de-reorienter-les-salaries-de-l-automobile-vers-l-aeronautique.html

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