Les organismes de formation plutôt pessimistes pour 2011


Selon la dernière étude de la Fédération de la formation professionnelle, les prestataires de formation ne voient pas l’avenir en rose. Alors qu’ils ont assez bien résisté à la crise en 2010, le manque de visibilité les rend frileux : ils tablent sur une croissance quasi nulle pour l’année en cours.

Alors qu’en 2010 les 400 adhérents de la FFP ont plutôt bien résisté à la crise, avec une croissance de leur chiffre d’affaires de 3,7 % (soit 1,3 milliard d’euros), les prestataires se montrent plus que prudents concernant 2011, avec des prévisions de progression très réduites de leur activité (+ 1,5 %).

Pour  la FFP, ce pessimisme tient au manque de visibilité totale, tant sur l’attitude des grandes entreprises qui diffèrent leurs commandes que sur les appels d’offres du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), « qui apparaissent extrêmement complexes pour les prestataires », estime Marie-Christine Soroko, déléguée générale de la FFP. Autres facteurs d’inquiétude : la loi sur la formation de 2009 et la réforme programmée des Opca : plus que le maintien de leur activité, les prestataires d’interrogent sur le maintien de la prise en charge des formations et sur les délais de paiement des Opca.

Les langues en baisse

Dans ce contexte difficile,  la demande de formations métiers, même en légère baisse (25 % de l’activité réalisée en 2009, soit quatre points de moins qu’en 2008) continue de « tirer » l’offre, ainsi que les formations générales professionnelles et d’insertion (pour les demandeurs d’emploi notamment) qui totalise 11 % du chiffres d’affaires des prestataires privés réalisé en 2009. Si les formations dans les domaines du management ou du commercial se portent bien, ce n’est pas le cas des formations linguistiques, premières victimes des coupes budgétaires selon la FFP. Un phénomène pourtant anticipé par certains experts. Au total, elles totalisent 12 % de l’activité réalisée en 2009, soit une baisse de six points par rapport à 2008. À noter : la recherche de formations certifiantes ou diplômantes a toujours le vent en poupe : selon les adhérents de la FFP, plus de la moitié des entreprises recherchent aujourd’hui ce type de formation reconnue.

La fin de la montée du DIF ?

Serait-ce dû aux incertitudes concernant son financement ? Le marché du DIF (Droit individuel à la formation) aurait-il déjà atteint son seuil de maturité ? Avec 13,7 % de leur chiffres d’affaires réalisé au titre du DIF en 2010, les prestataires ne semblent plus croire à son expansion : ils anticipent même une baisse de 6 % pour 2011. Ce serait la première année que ce droit  marquerait un net recul, après six années de progression constante. Jean-François de Zitter, Vice-président de la FFP, y voit le signe « que le DIF a atteint une certaine maturité, entre les entreprises qui l’ont mis en place et celles qui ne le feront pas, on arrive au bout de son développement. Il y a aussi un véritable manque de visibilité concernant le mécanisme de sa portabilité ». Une interprétation pour le moins frileuse à l’heure où les salariés sont loin d’avoir épuisé leurs heures de DIF dans la plupart des entreprises.

Parmi les autres dispositifs, la VAE (Validation des acquis de l’expérience), avec 39 % de demandes enregistrées en 2010, se maintient. Mais dans 80 % des cas, il s’agit de démarches individuelles pour décrocher un diplôme ou une certification,  et non de programmes collectifs portés par l’entreprise.

Evaluation trop limitée

La Fédération note enfin que la politique qualité semble se développer : 78 % de ses adhérents ont mis en place une telle démarche (certification OPQF, AFNOR et ISO) en 2009. Malgré tout, les organismes devront faire des progrès en matière d’évaluation : si 87 % d’entre eux déclarent évaluer la formation, la méthode largement utilisée reste le classique questionnaire « à chaud » (pour 94 % des sondés), voir pour 23 % une évaluation papier ou avec le manager trois mois après la formation. La FFP reconnaît qu’en la matière, il reste des efforts à fournir…

*13e Observatoire économique de la Fédération de la formation professionnelle. Février 2011.

Lydie Colders – Février 2011
source : http://www.pourseformer.fr/pros/marche-de-la-formation-continue/formation-continue/h/7f3ef92537/a/les-organismes-de-formation-plutot-pessimistes-pour-2011.html

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