Sanofi : licenciés pour 2h30 de retard à une formation


Jérémy Marais (au centre) et Thierry Curnier sont soutenus par Christophe Castaner, vice-président de la Région, et par les représentants de la CGT et du comité de soutien.Jérémy Marais (au centre) et Thierry Curnier sont soutenus par Christophe Castaner, vice-président de la Région, et par les représentants de la CGT et du comité de soutien. 

Fin octobre, Jérémy Marais et Thierry Curnier ont été licenciés pour être arrivés en retard à une session de formation. Les deux opérateurs de 30 et 42 ans avaient cinq ans d’ancienneté à l’usine Sanofi-Aventis où ils ont été embauchés en contrat à durée indéterminée (CDI) il y a un an, après des CDD.

Les salariés ne s’étaient pas réveillés, après une soirée un peu arrosée. « La formation commençait à 8h30 du matin. Nous nous sommes excusés et nous avons averti le formateur qu’on serait en retard. Nous sommes arrivés à 11h. On a proposé de rattraper les heures perdues pendant le déjeuner, mais la direction de Sanofi a donné l’ordre d’arrêter la formation » raconte Jérémy Marais, qui habite aux Mées. « On aurait pu apporter un certificat médical, mais on a préféré être honnêtes et dire la vérité » ajoute-t-il.

« Cette sanction brutale paraît totalement disproportionnée » réagit Christophe Castaner. Le vice-président de la Région chargé de l’économie et de l’emploi est venu rencontrer les salariés licenciés à Sisteron. Thierry Curnier était absent car il vient de perdre son père après avoir perdu son emploi.

« La sécurité requiert de la rigueur »

« La sanction est sévère, mais elle est en rapport avec la gravité des faits », rétorque Michel Aillaud, membre du comité de direction de l’entreprise. « Cette formation touche à la sécurité. L’usine est un site Seveso II. Il requiert de ses salariés une grande rigueur et un comportement exemplaire ». Pour la direction, Jérémy Marais et Thierry Curnier ont rompu d’eux-mêmes leur contrat de travail qui les obligeait à suivre cette formation.

Ces licenciements provoquent une vive émotion dans l’entreprise. Une pétition demande la réintégration des deux salariés. Elle a été signée par 285 salariés, la moitié des 583 CDI.

Un comité de soutien a été créé à l’extérieur de l’usine. « Nous sommes atterrés par la violence de ces licenciements et leur démesure » proteste Christiane Martin, la mère de Jérémy Marais, qui en est présidente.

Climat social alourdi

« Au-delà du cas de ces deux familles, il y a une méthode de management qui inquiète les autres salariés. Sanofi cherche à faire un exemple et à faire pression sur le personnel pour qu’il marche au pas » observe Christophe Castaner, qui a eu une entrevue avec la direction de l’usine. « On ne peut pas laisser Sanofi licencier à la tête du client » dénonce Jean Volpe, de l’union départementale CGT.

Ces licenciements alourdissent le climat social sur un site qui a été épargné par les derniers plans sociaux du groupe et qui espère une trentaine d’embauches en CDI d’ici 2014.

Pour Jean-Louis Peyren de la CGT, ces sanctions « injustes » font écho à une vidéo récente dans laquelle le PDG du groupe Sanofi-Aventis déclarait : « L’entreprise doit garder un patrimoine génétique sain. Nous voulons savoir qui sont et que font nos salariés ».

le 19/11/2010 à 05:50
http://www.ledauphine.com/haute-provence/2010/11/18/sanofi-licencies-pour-2h30-de-retard-a-une-formation

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