« Ceux qui qualifiaient le Dif de « bombe à retardement » n’avaient pas compris l’articulation souple qui existe entre le Dif et le Cif ! »


lundi 28 juin 2010

« La mise en œuvre du Dif prioritaire et les collectes au titre de la période de professionnalisation entraîneront-elles une inflation des demandes de Dif en 2010 ? » Jean-Philippe Cépède, directeur du Département Juridique-observatoire au Centre Inffo s’interroge sur cette conséquence que pourrait avoir la réforme sur les Opca à l’occasion de la table ronde « 13 % et autres règlements financiers : les impacts pour les OPCA et les entreprises » tenue le 22 juin 2010 à Paris. L’Agefaforia a ainsi enregistré une hausse de 30 % des demandes de formation par la biais du Dif en 2009, en dépit d’une légère baisse constatée au début de l’année 2010.

Coryse Tretel, directrice d’Opcalia haute-et-basse-Normandie, a connu une évolution exactement inverse : « Nous avons enregistré une baisse des demandes de Dif en 2009 et une reprise à la hausse en 2010 », indique t-elle, « mais nous avons l’habitude, à Opcalia Normandie, de travailler en amont, depuis plusieurs années déjà, avec les organismes de formation afin que ces derniers organisent des programmes d’apprentissages correspondant aux demandes exprimées par le plus grand nombre de nos adhérents. Grâce à cette politique d’anticipation, nous nous sommes aperçus que certaines entreprises finançaient le Dif sur leur plan de formation lorsque ce dernier n’était pas prioritaire. »

Toutefois, le financement du Dif portable demeure une préoccupation majeure pour les entreprises et les OPCA. Rappelant qu’en cas de refus de Dif pendant deux ans, le salarié se voit presque de facto ouvrir des droits au congé individuel de formation, Jean-Philippe Cépède se montre confiant : « ceux qui qualifiaient le Dif de « bombe à retardement » n’avaient pas compris l’articulation souple qui existe entre le Dif et le Cif ! » Yves Mens, secrétaire général du Fongecif des Pays-de-Loire, confirme la bonne mise en marche du Dif dans les entreprises : « Très franchement, les refus de Dif, nous ne les voyons pas ! » affirme t-il. « Nous avons bien constaté quelques refus à partir de 2010, mais ils restent très marginaux. En revanche, ce que nous constatons presque quotidiennement, ce sont de nouvelles logiques de co-financement du Dif et du Cif. »

La portabilité du Dif demeure cependant, de l’avis de chacun, un sujet nouveau. « La bonne nouvelle pour les entreprises », souligne Jean-Philippe Cépède, «  est que cette portabilité n’est pas à la charge financière des entreprises, mais des OPCA ». Coryse Tetrel confirme l’intérêt grandissant des salariés pour cette mesure, bien qu’un certain nombre de salariés n’en soient pas encore informés. « Il s’agit, pour eux, d’une notion nouvelle, mais le nombre de personnes informées de l’existence même du Dif portable grandit chaque jour. » Jean-Marie Marx, directeur de l’Agefaforia, témoigne de l’expérience vécue par son OPCA : « nous n’avons connu qu’une dizaine de demandes depuis le début de l’année. La plupart sont encore en cours d’instruction, mais toutes celles qui ont été traitées l’ont été favorablement ». Du côté du Fongecif, le constat est sensiblement identique : « Nous avons reçu les premiers appels des salariés intéressés par des formations au titre du Dif portable ou du Cif dès février-mars. Les premiers cas ont été traités dès juillet et, hors des demandes franchement à côté du sujet – ont tous reçu une réponse positive. Cependant, nous n’avons toujours pas de budget spécialement dédié à cette question. Nous nous plaçons actuellement dans une période d’observation et de mise en place progressive des pratiques. »

Le Pôle emploi, par la voix de Bruno Lucas, son directeur général adjoint, indique les mesures mises en place pour l’accompagnement des formations effectuées dans le cadre du Dif porté ou du Cif : « Pôle emploi a prévu une aide individuelle de 1088 euros maximum en plus de celle du Dif qui peut s’élever, au maximum, à 1500 euros. Cette aide a une portée : elle vise à compenser les achats de formations qui ne figureraient pas au catalogue. Cette aide peut être perçue comme une sorte de « chèque-formation » subsidiaire aux décisions actuellement en cours sur le Dif. »

Source L’Actualité de la Formation

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