Le CESER : le travail et la formation au cœur d’un colloque

Le 19 décembre dernier à l’Hôtel de région à Lyon, le CESER et AGEFOS PME Rhône-Alpes organisaient leur colloque “Former pour et par le travail”. Les rapports entre formation et travail sont multiples. Si le travail n’est pas l’objectif unique de la formation tout au long de la vie, il participe de manière majeure au développement de la personne et aux process de socialisation et d’acquisition de compétences.

Depuis plusieurs années, le Conseil Economique Social et Environnemental Régional (CESER) explore les différentes facettes de la relation formation / travail, en abordant plus particulièrement les problématiques des jeunes, des demandeurs d’emploi et des actifs occupés.

Pour sa part, AGEFOS PME Auvergne-Rhône-Alpes, Organisme Paritaire Collecteur Agréé, s’efforce de permettre aux entreprises de disposer des compétences nécessaires à leur développement et aux personnes de conduire de manière sécurisée leurs projets professionnels.

A l’aube d’une nouvelle réforme de la formation et de l’apprentissage, le CESER Auvergne-Rhône-Alpes et AGEFOS PME Auvergne-Rhône-Alpes ont souhaité soumettre au débat leurs contributions et expériences lors du colloque qu’ils ont organisé à Lyon le 19 décembre dans les locaux de l’hôtel de Région Auvergne-Rhône-Alpes.

La journée s’est articulée autour de 2 tables rondes : “Former pour le travail” et “Former par le travail”.

Former pour le travail

La première table-ronde, “Former pour le travail” a tenté d’apporter des éléments de réponses à deux questions :

Comment mieux mobiliser dirigeants d’entreprises, salariés et demandeurs d’emploi aux enjeux du développement des compétences, et donc de la formation, dans le contexte de changement technico-organisationnel que nous connaissons, et ceci tout particulièrement pour les personnes les moins qualifiées et pour les PME-TPE dont on sait qu’elles sont les moins consommatrices de formation ? .
Comment construire au mieux les compétences nouvelles dont ont besoin entreprises, salariés et demandeurs d’emploi pour répondre aux nouvelles exigences des organisations, donner sens au travail et sécuriser les parcours professionnels ?

Former par le travail

La seconde table-ronde, “Former par le travail” a été consacrée au levier que constitue la mise en situation de travail pour construire qualifications et compétences.

– Quelles sont les conditions de la performance de l’alternance (contrat d’apprentissage et contrat de professionnalisation, voie scolaire) ?
– Pourquoi la Validation des Acquis de l’Expérience, la VAE, ne se développe-t-elle pas plus alors qu’elle constitue un moyen remarquable à la fois de reconnaissance du travail et d’identification des besoins de compléments de formation ?
– Ne faut-il pas revaloriser et réinterroger la formation interne aux entreprises ?
– Les Formations en Situation de Travail (FEST) constituent-elles une voie d’avenir ?
– L’organisation qualifiante n’est-elle qu’un fantasme dépassé ?

La journée, au cours de laquelle des chefs d’entreprise et des salariés se sont exprimés, a été enrichie des interventions de Joël Ruiz, directeur général d’AGEFOS PME, de Jacques Freyssinet, économiste du travail, d’Annick Taton, représentant Jean-François Bénévise, directeur de la DIRECCTE Auvergne-Rhône-Alpes et de Stéphanie Pernod-Beaudon, vice-Présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, déléguée à la formation professionnelle et à l’apprentissage.

Revoir le colloque “Former pour et par le travail”

Source : https://lejournaldeleco.fr/le-ceser-le-travail-et-la-formation-au-coeur-dun-colloque/

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Les partenaires sociaux contre la monétarisation du compte personnel de formation

Vendredi 24 novembre 2017, la première séance de négociation a réuni syndicats et patronat au siège du Medef. Sur le droit à la formation et à l’accompagnement, ils sont tombés d’accord sur plusieurs principes, et font front commun au gouvernement contre la monétarisation du compte personnel de formation.

Alors que nous vous parlions de la volonté d’Emmanuel Macron de réformer la formation professionnelle, la première réunion de négociation a eu lieu vendredi 24 novembre, réunissant les partenaires sociaux. Au programme : le droit à la formation et à l’accompagnement. Et les premières tensions se font ressentir, puisqu’ils sont bien décidés à affronter le gouvernement sur sa volonté de basculer en euros le décompte sur le compte personnel de formation (CPF).

Le passage en euros, c’est non !

L’un des premiers objectifs du gouvernement dans la réforme de la formation professionnelle est le changement de l’unité de mesure sur le compte personnel de formation. Actuellement fixé en heures, le gouvernement souhaite basculer vers une monétarisation ce qui rendrait, selon lui, le système plus simple et lisible. Mais pour les partenaires sociaux, c’est un non unanime. Ils souhaitent conserver ce décompte en heures.  Le Medef et à la CFE-CGC n’excluent pas de revoir le système existant mais n’ont pas de solutions adaptée. Ils se sont donc rattachés aux autres partenaires sociaux.

La question du congé individuel de formation pose également problème. Le gouvernement souhaite le supprimer, estimant qu’il fait « doublon » au CPF avec seulement 50 000 CIF pour 19 millions de salariés. Une application numérique serait créée, regroupant les droits acquis par les salariés et les formations disponibles entre autres. Dans ce cas, les partenaires sociaux réclament un régime général porté par le CPF avec une augmentation du plafond en heure. FO avait d’ailleurs réclamé que le plafond actuellement fixé à 150 heures soit relevé à 400 heures pour « permettre des formations vraiment qualifiantes ».

Le financement de l’accompagnement reste flou

Concernant l’accompagnement, les partenaires sociaux estiment qu’il faut le renforcer, en améliorant le système existant basé sur le conseil en évolution professionnel. Un système qui doit être gratuit selon les syndicats, mais à aucun moment la question du financement n’a été abordée. « On est d’accord sur la philosophie, après ce sera une question d’argent« , a déclaré Jean-François Foucart, secrétaire national de CFE-CGC. Et Michel Beaugas, secrétaire confédéral de Force Ouvrière d’affirmer « la prochaine fois, on va entrer dans le dur« .

La seconde réunion sur cette thématique se tiendra le 12 janvier alors que se tiendra le 8 décembre une rendez-vous sur le thème de l’alternance.

Source : http://www.entreprise.news/partenaires-sociaux-contre-monetarisation-compte-personnel-de-formation/

La formation résistera-t-elle au coaching ? Par Florie Fonterme

Les coachs sont de plus en plus demandés, que ce soit dans la sphère personnelle ou privée, et notamment dans les entreprises. Que ce soit dans le domaine du développement personnel, de la communication, la mode est au coaching ; preuve en est, la démocratisation de la profession de coach (bien-être, mode, décoration…) Cela remet même en cause la formation qui reste l’un des modes de fonctionnement prisé par les entreprises. Le coaching est-il amené à prendre la place de la formation ?

Former en priorité ?

Il n’est pas évident de différencier la formation et le coaching. Ces deux pratiques ayant de nombreux points communs. Le coaching permet de développer les compétences et le potentiel d’un employé, là où la formation va consister à transmettre des connaissances et des techniques pour améliorer les compétences du salarié. En proposant une formation à ses employés, l’entreprise prend le pari de s’appuyer sur des collaborateurs déjà présents dans l’entreprise. Le but de proposer des formations est de favoriser la mobilité interne pour réduire les coûts de recrutement. C’est également le moyen de créer un vivier de talents et de fidéliser les salariés. Si les employés s’investissent, développent et renforcent la culture de l’entreprise, les deux parties sont gagnantes puisque chacune d’entre elle y trouve des intérêts et des bénéfices.

Savoir sur quoi former

Le choix des formations doit être mûrement réfléchi en fonction de leur personnalité et non de leur titre de poste. Qu’est-ce qui les motive ? Qu’est-ce qui les intéresse ? Qu’est-ce qui les met en confort ou en inconfort ? Il est primordial pour les entreprises de prendre en compte le savoir-être pour donner aux collaborateurs l’envie de continuer à s’épanouir dans leur travail. Il faut communiquer en amont sur les plans de formations car cela va permettre de pouvoir anticiper ou prévenir des problématiques. La formation est vue comme une solution plus réfléchie aux besoins et attentes des salariés. Là où le coaching peut être considéré comme une solution à un problème donné. Si un salarié éprouve des difficultés à s’exprimer et qu’il souhaite être formé à cela, l’entreprise doit être en mesure, grâce à la formation, de pouvoir transmettre des connaissances au salarié afin de s’améliorer dans ce domaine. Le coach, lui, va amener son expertise, potentiellement une fois le problème survenu et pourra accompagner le salarié dans une approche plus personnalisée.

Un accompagnement continu

La formation peut donc amener le salarié à aller vers ce qu’il souhaite, il ne faut pas le forcer. L’entreprise doit être à l’écoute, mais aussi être là pour l’accompagner ensuite. Il ne suffit pas de former pour former. Après une cession de formation, le collaborateur aura le sentiment d’avoir été entendu et ressortira plus déterminé, plus motivé. Mais la formation ne sera efficace qui si l’employé met en œuvre ce qu’il y a appris. Il faut donc, par la suite, poursuivre, en étroite collaboration, le travail effectué lors de la formation.

Le coach comme support

Très souvent, le coach a été vu comme une solution d’urgence à un problème donné. Le constat n’est pas aussi simple. Le coach va permettre d’accompagner le salarié pour progresser assez rapidement au niveau professionnel, mais aussi sur son savoir-être. Que ce soit sur un individu, sur tout le collectif voire même sur un dirigeant, le coaching va permettre de motiver et de faire un réel travail sur la personnalité. Les forces, les faiblesses, comment s’améliorer à l’oral ou comment mieux gérer le stress par exemple. Le coach va même pouvoir être un support sur lequel s’appuyer après une formation pour poursuivre l’amélioration des performances au quotidien.

Peu importe le choix effectué par les entreprises, l’important est de mettre la personnalité de chaque salarié au cœur du processus de formation ou de coaching. Si le coaching semble prendre de plus en plus d’importance au sein des entreprises, la formation a encore de beaux jours devant elle. Encore faut-il savoir l’utiliser à bon escient.

Source : http://www.focusrh.com/formation/debats/la-formation-resistera-t-elle-au-coaching-par-florie-fonterme-30435.html

Formation: zoom sur le CIF, le CPF et leur fusion éventuelle

Paris, 8 déc 2017 – Le gouvernement préconise la fusion du congé individuel de formation (CIF) et du compte professionnel de formation (CPF), proposition soumise aux partenaires sociaux qui négocient depuis fin novembre une réforme de la formation professionnelle.

– Le CIF –

Imaginé dès 1966, il est créé en 1984. Le CIF permet d’obtenir sur son temps de travail et pour une durée de 30 à 1.200 heures (un an maximum à temps plein), le financement d’une formation rémunérée à visée personnelle ou professionnelle. Il est ouvert à tout salarié (CDI, CDD) et demandeur d’emploi.

C’est devenu au fil du temps un outil de reconversion professionnelle.

Son financement provient d’une contribution patronale de 0,2% pour les entreprises de plus de 50 salariés (0,15% entre 11 et 49 salariés), dans le cadre de l’obligation légale pour les entreprises de consacrer 1% de leur masse salariale à la formation (« 1% formation« ).

En 2016, 39.000 CIF ont été acceptés, selon les chiffres de la loi de Finances 2018.

Soulignant que le CIF « fonctionne de manière satisfaisante« , la Cour des comptes a toutefois souligné plusieurs « faiblesses« , comme le fait qu’il ne bénéficie qu’à un nombre réduit de salariés (« lourdeurs » des procédures, « manque d’information« ), et son coût unitaire élevé (25.000 euros, dont 80% de rémunération du salarié et 20% de frais pédagogiques).

– Le CPF –

Entré en vigueur en janvier 2015, il a remplacé le droit individuel à la formation (DIF). Le CPF est ouvert à tout actif, (qui doit avoir crée son compte sur moncompteformation.gouv.fr), mais concerne un nombre limité de formations. Il permet aussi de financer le permis B.

Quand la formation se déroule sur le temps de travail, une autorisation de l’employeur est nécessaire.

Pour un salarié à temps plein, le CPF est alimenté chaque année à hauteur de 24 heures jusqu’à 120 heures, puis 12 heures par an jusqu’à un plafond de 150 heures.

Pour un salarié non qualifié, le crédit annuel monte à 48 heures et le plafond à 400.

Les heures acquises avec le DIF ne sont pas perdues mais doivent être utilisées d’ici le 31 décembre 2020.

Ce dispositif est aussi financé dans le cadre du « 1% formation« , à hauteur de 0,2% de la masse salariale par les entreprises de 11 salariés et plus.

Au 1er novembre, 5 millions de comptes avaient été activés et 1,1 million de formations financées avec le CPF, selon le ministère du Travail.

– Pourquoi une fusion ? –

Dans le document d’orientation remis aux partenaires sociaux, qui sert de base à la négociation, le gouvernement estime que le CPF « restreint les possibilités d’accès à la formation« .

Quant au CIF, il « peine à remplir » une « véritable fonction de reconversion professionnelle« . Le gouvernement suggère que le CPF devienne « l’unique droit personnel à la main des individus« , « sans intermédiaire obligatoire« .

Mi-octobre, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait déjà recommandé une fusion. Un droit équivalent au CIF serait cependant conservé pour les formations qualifiantes longues, relevant d’un projet de reconversion professionnelle. Son attribution serait conditionnée à l’accompagnement du salarié par un conseiller, chargé de délivrer un avis sur la pertinence et la qualité du projet. Le salarié aurait droit à tout ou partie de sa rémunération.

Le CPF, qui verrait son plafond doublé à 300 heures (400 pour les salariés non qualifiés), serait « recentré sur les formations plus courtes et les projets co-construits avec l’employeur« .

Le financement proviendrait d’une contribution de 0,5% de la masse salariale et de la moitié des 0,2% qui vont actuellement au Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), soit près de trois fois plus que ce que ce fonds avait consacré au CPF en 2015.

Source : https://lentreprise.lexpress.fr/actualites/1/actualites/formation-zoom-sur-le-cif-le-cpf-et-leur-fusion-eventuelle_1967400.html

Par AFP , publié le , mis à jour à

Baromètre Cegos : DRH/RF et salariés perçoivent de manière positive la réforme de 2014

Trois ans après la réforme de 2014, 57 % des DRH et Responsables Formation estiment que celle-ci a simplifié le droit à la formation. Une vision partagée par les salariés, comme le dévoile la dernière étude réalisée par Cegos.

Alors que le système de formation professionnelle est actuellement revu en profondeur par le gouvernement, le baromètre Cegos 2017* a cherché à savoir comment a été perçue la précédente réforme.

Avec désormais trois ans de recul, six DRH et RF sur dix considèrent que la loi de mars 2014 a permis de simplifier le droit à la formation. « L’appropriation du dispositif s’est fait rapidement, aussi bien de la part des entreprises que des salariés », observe Mathilde Bourdat, experte Cegos du management de la formation. Ce sont d’ailleurs davantage les grandes structures qui en sont satisfaites. Parmi les principaux impacts sur les entreprises, « rappelons que cette réforme a notamment contribué à faire baisser les dépenses de formation et à renforcer les relations avec les OPCA », note-t-elle.

La réforme-t-elle a facilité l’accès à la formation ?

A cette question, le baromètre indique que les entreprises restent tout de même partagées puisque seules 57 %  estiment c’était une bonne loi pour réformer le système. Pour 50 % d’entre elles, l’avantage a été de faciliter l’accès à la formation à des catégories de personnels qui y prétendaient peu jusqu’à présent. Au sein des directions RH, on considère donc que le CPF a été un levier plutôt efficace pour la professionnalisation et la qualification des salariés, mais aussi pour contribuer au maintien de l’employabilité des actifs les plus fragiles. Un sentiment largement partagé par les salariés (8 sur 10 en moyenne).

Le CPF, une bonne avancée donc ?

88 % des entreprises déclarent vouloir accompagner ou avoir accompagné leurs salariés dans la mobilisation du CPF… alors que paradoxalement, ils ne sont que 61 % de salariés à considérer que le compte personnel de formation est facile à mobiliser au sein de leur entreprise. On remarque d’ailleurs que 70 % d’entre eux savent précisément à quoi correspond le CPF (majoritairement les populations cadres) et 62 % ont déjà pris l’initiative d’ouvrir leur compte (4 sur 10 l’ayant fait avec l’aide de leur employeur). En outre, moins de la moitié a déjà identifié au moins une formation éligible à suivre. Notons cependant que seulement 34 % sont « passés à l’acte ». A ce titre, 67 % des DRH/RF pensent qu’il est préférable (à financement égal) que l’employeur décide, en concertation avec le salarié, des formations qu’il réalise. Les directions RH ne cachent donc pas leur souhait de rester « dans le contrôle », dès lors qu’il est question de développer les compétences de leurs salariés.

Et qu’en est-il du CPA ?

Le compte personnel d’activité regroupe les droits issus de trois comptes : le CPF, le CEC (compte engagement citoyen et le CPP (compte personnel de prévention de la pénibilité). Ce dernier donne la possibilité aux salariés fortement exposés à certains facteurs de pénibilité d’acquérir des points pour se se former, mais aussi pour accéder au temps partiel ou à un départ anticipé à la retraite.  Comme le remarque l’étude Cegos, ce dispositif s’avère moins connu auprès de certaines catégories de salariés. Parmi les 51 % qui savent exactement à quoi il correspond, les profils ouvriers sont, sans surprise, les mieux informés (56 % contre 47 % chez les cadres). Idem chez les plus de 45 ans, qui sont 59 % à connaître leur droit relatif au CPA.

Dans l’ensemble, l’étude 2017 de Cegos « confirme la tendance observée depuis l’entrée en vigueur de la réforme : pour les salariés comme pour les DRH/RF, la loi va dans le bon sens. Un travail d’information reste toutefois à consolider auprès de certaines populations, en particulier chez les ouvriers et les moins de 35 ans », conclut Mathilde Bourdat. Reste à voir vers quoi va se diriger la réforme à venir car il faudra, on s’en doute, bien plus qu’un simple travail d’information pour rendre les salariés véritablement acteurs de leur formation.

Y. Haddou-Essom

Source : http://www.focusrh.com/formation/formation-professionnelle/barometre-cegos-drhrf-et-salaries-percoivent-de-maniere-positive-la-reforme-de-2014-30291.html

Accenture investit 900 millions de dollars dans la formation de ses employés aux technologies IT émergentes

C’est un sérieux investissement que réalise Accenture. Le géant mondial du conseil consacre en effet 900 millions de dollars pour former ses 200.000 employés axés sur la technologie aux technologies émergentes telles que le cloud, l’intelligence artificielle ou la robotique. C’est ce qu’a expliqué son président et CEO Pierre Nanterme a l’occasion de la présentation des résultats trimestriels aux analystes rapporte CRN. Plus de 70.000 salariés ont bénéficié l’an dernier de formations sur les nouvelles architectures, les plateformes intelligentes. Les 130.000 restants seront formés d’ici deux ans. « La transformation à grande échelle de notre activité nécessite des investissements très significatifs dans nos salariés afin de s’assurer qu’ils ont les compétences nécessaires pour servir nos clients, aujourd’hui et dans le futur », a expliqué le dirigeant.

Toutes les formations ont été digitalisées afin d’optimiser les coûts. Ces formations renforcent l’offensive d‘Accenture sur le marché du numérique, du cloud et de la sécurité qui représentent 45% du chiffre d’affaires du deuxième trimestre. C’est aussi un moyen d’attirer les meilleurs talents du secteur a encore expliqué Pierre Nanterme. Accenture a récemment franchi le cap des 400.000 salariés dont la moitié opèrent dans le secteur technologique.

Les acquisitions sont un autre moyen de faire le plein de compétences. Le groupe basé en Irlande a ainsi réalisé 16 opérations au cours des 6 derniers mois (dont 11 au cours du deuxième trimestre), pour une valeur totale de 800 millions de dollars, et le seuil du 1,5 milliard de dollars devrait être atteint d’ici le 30 août, date de clôture de l’exercice. « Nos acquisitions nous permettent de recruter des compétences très pointues. S’appuyer sur la seule croissance organique prendrait trop de temps », a précisé le patron français.

Chiffre d’affaires en hausse, bénéfices en baisse

Les résultats du second trimestre, arrêtés au 28 février, sont plus ou moins en phase avec les prévisions des analystes. Le chiffre d’affaires atteint 8,32 milliards de dollars, soit une croissance annuelle de 5% en dollars et de 6% en monnaies locales. C’est un peu moins que les 8,34 milliards de dollars attendus par Seeking Alpha. Le bénéfice net s’établit à 887 millions de dollars ou 1,33 dollar par action, contre 1,40 milliard de dollars ou 2,08 dollars par action un an plus tôt. Seeking Alpha tablait sur 1,30 dollar par action.

Les ventes sur le marché américain ont grimpé de 4% à 3,96 milliards de dollars. Avec 2,83 milliards de dollars, la croissance se limite en Europe à 2%. Encore est-elle due à la progression à deux chiffres enregistrée au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse. Grâce à une activité très dynamique au Japon, en Chine et en Australie la croissance atteint 12% dans le reste du monde permettant au chiffre d’affaires d’atteindre 1,53 milliard de dollars.

Pour le trimestre en cours, Accenture table sur un chiffre d’affaire compris entre 8,65 et 8,90 milliards de dollars.

Source : http://www.channelnews.fr/accenture-investit-900-millions-de-dollars-formation-de-employes-aux-technologies-it-emergentes-71249

Le plan 500 000 : moins d’argent pour la formation des salariés, pas plus d’emplois pour les chômeurs

mars 28 2017

« Entre janvier 2016 et janvier 2017, on constate + 27 900 demandeurs d’emploi en catégories A, B et C et + 61 000 en catégorie D, c’est-à-dire en formation. C’est donc presque 100 000 demandeurs d’emploi supplémentaires à l’issue du plan 500 000. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, le plan 500 000 n’a pas fonctionné » – cabinet de Valérie Pécresse, Île-de-France.

Depuis 30 ans environ, la France se lance régulièrement dans des entreprises d’occupation des chômeurs. Succédant au traitement social du chômage des années 1980 (retraites précoces, gonflement des effectifs étudiants et occupation des chômeurs), le plan 500 000 chômeurs en formation de 2016 restera dans les annales comme une ultime tentative de camouflage de la montée du chômage entre 2012 et 2017, augmentation spécifiquement française alors que partout ailleurs dans le monde le chômage refluait.

La formation ne crée pas l’emploi mais elle peut accompagner le développement économique.

La formation ne crée pas automatiquement des emplois (sauf parfois de formateurs), elle ne peut se substituer à l’Éducation nationale défaillante, à un tissu économique d’entreprises moribondes, à la déprime collective face à l’État qui étouffe toutes les activités sous la complexité, une fiscalité très lourde et une formidable inflation bureaucratique.

La formation peut et doit accompagner le développement et la croissance du pays mais elle est bien incapable de créer du travail ex nihilo si le tissu économique et social du pays est ravagé par des mesures règlementaires, sociales ou fiscales hasardeuses.

Déshabiller Pierre pour rhabiller Paul (emploi)

Depuis 2012, en lieu et place de favoriser le développement de l’activité économique et de soutenir l’apprentissage et les embauches dans les PME/TPE (qui offrent seules de réels potentiels d’emplois), on s’est contenté de siphoner l’argent de la formation des salariés pour (s’)occuper des chômeurs.

Tant qu’en amont l’école formera à des métiers qui n’existent plus, le chômage ne baissera pas en France.

L’État et certains apprentis sorciers en éducation (ceux qui avaient déjà expérimenté les maths modernes, la méthode globale et le collège unique) ont méthodiquement déconstruit notre système scolaire pendant 40 ans. L’école est devenue à la fois inégalitaire, inefficace (toujours plus de moyens pour moins de résultats) et stigmatisante pour le monde du travail et les entreprises (considérées comme des lieux d’aliénations et d’exploitation)

À quoi bon former pour des emplois de secrétariat ou d’OS des années 1950 dans les lycées professionnels ?Dans les lycées professionnels, les formations d’employés de bureau, vendeurs ou aides comptable restent nombreuses alors que ces emplois peu qualifiés disparaissent ou mutent.

L’apprentissage a été déprimé depuis qu’en 2013, on s’est employé à retirer les aides aux petits patrons qui embauchaient des apprentis. Ces mêmes aides ont ensuite été rétablies mais le mal était fait car le signal donné aux employeurs était le suivant : « ne vous occupez plus de la formation des jeunes, l’État s’en charge ».

La formation sera une opportunité en France quand nous serons capables de favoriser l’activité des entreprises. Aujourd’hui, 2 millions de jeunes sont sans emploi, ni éducation ; ils errent dans les banlieues et les campagnes. 2 millions de salariés sont illettrés et encore 2 millions de personnes, chômeurs de longue durée, perdent leur employabilité chaque jour un peu plus.

La loi réformant la formation en 2014 a accouché d’une souris pour ces personnes non qualifiées : le socle des compétences, devenu CLÉA par la grâce des partenaires sociaux : un dispositif bureaucratique. Dérisoire, lourde et imitation inadaptée de l’école alors qu’il aurait fallu sans délai mettre en œuvre des formations totalement ouvertes, libres et faciles d’accès.

Pour sortir du chômage, il faut que les entreprises fassent des profits afin qu’elles investissent puis recrutent.

Aujourd’hui, la France utilise très peu de robots par rapport à ses grands voisins industriels (162 000 robots en Allemagne contre 34 000 en France). Un tel écart s’explique par des marges trop faibles en France mais aussi et surtout parce que les chefs d’entreprises estiment que leurs salariés ne seront pas capables d’utiliser ces nouvelles machines avec profit, faute de formation suffisante.

Ce n’est plus une réforme de la formation dont le pays a besoin mais d’une reconstruction intégrale de son système scolaire depuis l’école jusqu’à la fac.

Sans reconstruction de tout notre système éducatif, la formation restera en France un service secondaire, rare et cher, réservé à quelques ingénieurs ou techniciens hautement qualifiés. Ce service exclusif restera incapable d’accompagner les multiples défis que notre pays doit aborder pour le siècle (transformation numérique, énergétique, environnementale…).

Source :http://www.miroirsocial.com/actualite/13379/le-plan-500-000-moins-d-argent-pour-la-formation-des-salaries-pas-plus-d-emplois-pour-les-chomeurs